Afrique du Sud: aux côtés de Mbeki et Motlanthe, De Klerk fait polémique

La présence de Frederik De Klerk (à g.), aux côté de Thabo Mbeki et Kgalema Motlanthe a fait polémique en Afrique du Sud.
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP

En Afrique du Sud, la présence de Frederik De Klerk aux côtés de Thabo Mbeki et Kgalema Motlanthe lors du lancement d'une « Initiative pour un dialogue national », vendredi 5 mai, a suscité de vives critiques. Les trois anciens présidents sud-africains se sont associés à huit fondations pour tenter de trouver des solutions à la crise politique et économique que traverse actuellement l'Afrique du Sud. Mais la présence du dernier président de l'apartheid aux côtés de deux éminents membres de l'ANC divise largement.

Bien qu'il ait reçu le prix Nobel de la Paix avec Nelson Mandela en 1993, Frederik De Klerk reste associé au régime de l'apartheid dans l'esprit de beaucoup de Sud-Africains. Le parti EFF (Economic Freedom Fighters) a déjà annoncé qu'il ne s'associerait pas au dialogue national dans ces conditions. Thabo Mbeki et Kgalema Motlanthe ont le pouvoir d'unir le pays, mais inclure De Klerk est une « insulte » selon Julius Malema, le fondateur du parti EFF.

« Reconnaître De Klerk comme un leader en Afrique du Sud, c'est exactement le problème, explique-t-il. Un homme qui a supervisé le meurtre des Noirs au début des années 1990 ne pourra jamais, jamais, apporter de solutions aux problèmes de l'Afrique du Sud. »

La présence de Frederik De Klerk lors de cette manifestation donne aussi un angle d'attaque à l'ANC. Ainsi, le ministre des Transports Joe Maswanganyi a lancé une charge contre l'initiative des anciens présidents. « Frederik De Klerk, le président d'un gouvernement d'apartheid, ne peut pas dicter les actions de notre gouvernement. Nos anciens oppresseurs appartiennent aux poubelles de l'Histoire, a-t-il lancé ».

Le ministre des Transports s'exprimait à l'occasion des funérailles de 20 enfants morts dans un accident de la route. Ce discours politique en pleine cérémonie funéraire a choqué certains observateurs.