La double stratégie du dispositif militaire américain en Somalie

Une escouade de Marines à l'entraînement dans le Camp Lemonnier à Djibouti en 2003.
© @Corporal Matthew J. Apprendi (USMC)

Un soldat américain a été tué en Somalie jeudi 4 mai et deux autres ont été blessés lors d'une opération contre les insurgés islamistes shebabs à une soixantaine de kilomètres de Mogadiscio. A la mi-avril, les Etats-Unis avaient annoncé l'envoi de quelques dizaines de soldats en Somalie pour conseiller et assister les forces somaliennes.

Un soldat américain tué en Somalie est toujours un traumatisme pour un pays marqué à jamais par la « Chute du faucon noir » et la mort de dix-huit soldats des forces spéciales en 1993 à Mogadiscio.

Depuis cette époque, la présence américaine en Somalie est réduite au minimum. Les Etats-Unis qui mènent une lutte intense contre les shebabs somaliens privilégient les opérations héliportées à partir de navires sillonnant l'océan Indien, ou de leur base de Djibouti qui sert aussi de piste d'envol pour leurs drones armés.

La stratégie américaine en Afrique, et donc en Somalie, repose sur deux principes, l'empreinte légère et la feuille de nénuphar. L'empreinte légère consiste à s'appuyer sur des partenaires locaux, formés et équipés à la lutte antiterroriste. La feuille de nénuphar revient à privilégier de petites implantations discrètes et disséminées dans plusieurs pays.

Officiellement les Etats-Unis ont une dizaine de bases de ce type en Afrique. Mais selon les spécialistes, leur nombre approcherait plutôt la cinquantaine. L'annonce à la mi-avril de l'envoi de quelques dizaines de soldats pour conseiller et assister les forces somaliennes fait partie de cette stratégie, dont l'un des objectifs est de minimiser au maximum les pertes en vies humaines dans les rangs de l'armée américaine.