L’ex-président burkinabè Kafando nommé envoyé spécial de l’ONU au Burundi

Michel Kafando (ici le 1er novembre 2015).
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

L'ONU a annoncé vendredi 5 mai la nomination du burkinabè Michel Kafando comme envoyé spécial des Nations unies au Burundi. Une nomination qui a fait consensus mais l'empressement du président M. Nkurunziza à accepter cette candidature laisse aussi supposer que M. Kafando n'est pas perçu comme un danger par Bujumbura, ce qui pose légitimement la question de sa capacité à régler la crise politique.

A 75 ans, l’ancien président de la transition au Burkina Faso entre novembre 2014 et décembre 2015 remplace donc Jamel Benomar comme envoyé spécial au Burundi.

Le diplomate Britannico-Marocain entretenait des relations exécrables avec le gouvernement du président Pierre Nkurunziza qui n’avait pas hésité à demander sa tête dès le mois de décembre dernier.

Mais l’empressement des autorités burundaises à donner leur aval à cette nomination peut surprendre au regard du parcours de Michel Kafando, réputé proche de la classe politique française alors que les Burundais avaient très mal réagi à la résolution portée par Paris demandant l’envoi de policiers dans le pays en juillet 2015.

Le Burundi a déjà donné sa non objection quant à la coopération avec l'envoyé spécial du secrétaire général. c'est un diplomate de carrière que je connais personnellement à New York, un sage africain.
Albert Shingiro, représentant permanent du Burundi auprès de l'ONU
07-05-2017 - Par Marie-Pierre Olphand

« L’accord rapide des autorités burundaises laissent supposer qu’ils ont le sentiment de l’avoir sous contrôle et qu’il ne présente pas un danger », assure un proche du dossier pour qui la position de M. Kafando sera très difficile.

« Le gouvernement est satisfait de sa nomination, il prend acte » mais « il attend de le voir à l'œuvre », confie Claude Karerwa Ndenzako, porte-parole de la présidence burundaise.

Michel Kafando restera d’ailleurs basé au Burkina Faso, à Ouagadougou.