Le dernier rhinocéros sauvage de Côte d'Ivoire transféré dans une réserve

Le dernier rhinocéros sauvage de Côte d'ivoire a été transféré dans une réserve afin d'assurer sa protection.
© Copyright : Bérénice Balta / Frédéric Garat RFI

C'est le dernier rhinocéros sauvage de Côte d'Ivoire et l’on a procédé ce jeudi 4 mai à son transfert dans une réserve pour protéger cet animal, qui souffre à travers le monde d'un terrible trafic et de braconnage à cause de sa corne aux prétendues vertus aphrodisiaques. Le rhinocéros a été capturé par une équipe sud-africaine spécialement venue sur place pour le transférer de la région de Dimbokro à celle de Bouaké où il sera protégé et pourra peut-être même se reproduire.

Le rhino de plus de deux tonnes vient tout juste d'être anesthésié et le vétérinaire du zoo d’Abidjan décompte le nombre de respiration à la minute de l’animal pour s'assurer de sa santé sous sédatif. L'opération est délicate et pas question de perdre ce dernier trésor vivant de Côte d'Ivoire.

Dans le village de Djamalabo où la bête divaguait d'un champ à un point d'eau ou à un sous-bois, c'est l'effervescence depuis cinq heures du matin. « Il est très important de garder ce rhinocéros parce qu’il est né sur le sol ivoirien. C’est, je dirais, le dernier rhinocéros d’Afrique de l’ouest actuellement. Au début, j’étais personnellement un peu hostile au fait qu’on lui coupe les cornes, mais après ce qui s’est passé à Thoiry, je me suis rangé derrière le ministère des Eaux et Forêts qui a dit qu’il fallait lui couper les cornes », explique Louis Diakité, le propriétaire du N'zi River Lodge de Bouaké où un enclos protégé attend le rhinocéros.

Pas de risque que l'épisode du zoo de Thoiry en France qui avait été forcé par des braconniers pour tuer et arracher une corne de rhino ne se reproduise dans la réserve des environs de Bouaké. Parmi les Sud-Africains venus mener l'opération à bien, il y a Iaccub Ackerman, un amoureux de la nature qui en 1993 avait déjà effectué le transfert des parents de ce rhinocéros dans la réserve d'Houphouët-Boigny.

« On va le transporter à présent dans un enclos à trois heures de routes d'ici, détaille le Sud-Africain. On va voir si on peut lui apporter deux femelles prochainement pour lui tenir compagnie. C'est le dernier rhino vivant ici ».

Ce rhinocéros né sur le sol ivoirien pourrait-il à son tour se reproduire ? C'est le pari que veulent faire les responsables du Nz'i River Lodge. Pour cela, il leur faudra trouver des fonds pour financer l'importation de deux autres femelles rhino d'Afrique du Sud.

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