L'otage français enlevé en mars au Tchad a été libéré

La ville d’Abéché. (Photo d'illustration)
© (Photo : Marie-Pierre Olphand/RFI)

Thierry Frezier, un ressortissant français de 60 ans employé d'une société minière, enlevé le 23 mars près de la frontière soudanaise, a été libéré ce dimanche 7 mai. Il est arrivé à Khartoum, la capitale du Soudan. Il doit rejoindre l'ambassade française de la ville. L'ex-otage a donné une courte conférence de presse ce dimanche matin, et assure avoir été bien traité pendant sa captivité.

Dans une courte déclaration à la presse depuis l'aéroport international de Khartoum, Thierry Frezier assure qu'il « n'a pas à se plaindre » du traitement que lui ont réservé ses ravisseurs, et qu'il a eu « un peu de bonheur dans son malheur » : le désormais ex-otage de 60 ans apparaît effectivement souriant et détendu sur les images de son allocution.

Thierry Frezier remercie le gouvernement et les autorités militaires soudanaises pour sa libération. Des reponsables soudanais indiquent de leur côté que l'opération a été menée conjointement avec les services de renseignement tchadiens et français.

Une opération sur laquelle on a par ailleurs peu de détails : des responsables soudanais et français assurent qu'aucune rançon n'a été versée aux ravisseurs. Ces ravisseurs ont été capturés, samedi, pendant l'opération qui a libéré Thierry Frezier. Il était détenu dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan.

Thierry Frezier était employé d'une société minière prospectant dans la région tchadienne du Sila, à quelque 200 km au Sud d'Abéché. Le jeudi 23 mars dernier, aux aurores, il avait été kidnappé par un groupe d'hommes armés, à moto, qui s'était volatilisé en brousse. Très vite, les autorités tchadiennes avaient confirmé que l'otage avait été emmené en territoire soudanais.

« Grande satisfaction »

Le chef de l’Etat, François Hollande, « a appris avec grande satisfaction la libération de notre compatriote qui avait été enlevé dans l’est du Tchad le 23 mars puis emmené par ses ravisseurs au Soudan », peut-on lire dans le communiqué de la présidence française.

Le mobile lui-même de l'enlèvement reste sujet à interrogations. Enlèvement crapuleux ? Enlèvement politique imputé à des groupes armés qui circulent dans cette région, aux frontières du Darfour et de la Centrafrique ? Coup de sang d'un groupe d'orpailleurs clandestins interdits d'activité par les autorités tchadiennes ?

On est très loin, en tout cas, des zones d'activité habituelles des groupes jihadistes du Sahel. L'est tchadien est même plutôt une région calme. Aucun enlèvement d'occidentaux n'y avait été signalé, depuis 2009.