Algérie: Bouteflika élogieux envers Emmanuel Macron

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika lors du scrutin législatif à Alger le 4 mai 2017.
© REUTERS/Zohra Bensemra

Le président algérien a salué ce lundi dans un communiqué l’élection d’« un ami de l’Algérie ». Un communiqué de félicitations particulièrement élogieux pour Emmanuel Macron.  

Le geste est habituel, mais le contenu est inédit. Comme après de nombreuses élections dans le monde, le président algérien a adressé un message de félicitations au président élu Emmanuel Macron.

Abdelaziz Bouteflika débute son communiqué, diffusé par l’agence officielle de presse, en qualifiant la victoire du nouveau président de « bien méritée » pour « un homme d’Etat capable de conduire la France vers un avenir qualitativement meilleur ».

Le président Bouteflika assure que le travail de l’ancien ministre de l’Economie a contribué à construire le partenariat d’exception entre Alger et Paris, porté par François Hollande.

Mais ce message de la présidence met surtout l’accent sur ce qu’ Emmanuel Macron pourrait apporter aux relations entre la France et l’Algérie, notamment sur la question de la mémoire, une mémoire « assumée » selon le communiqué.

Pour le président Bouteflika la déclaration d’Emmanuel Macron sur la colonisation est empreinte de « courage politique et de sincérité humaine hors du commun », une « attitude pionnière », qui fait de lui, pour la présidence algérienne, un acteur « convaincu et convaincant » d’une « réconciliation authentique » entre les deux pays.

Pour le politologue algérien Naoufel Brahimi, il s'agit d'un appel pour qu'Emmanuel Macron réitère ses propos une fois installé à l'Elysée. Mais le politologue n'y croit pas : selon lui, le nouveau président ne dira rien avant les législatives prévues en juin. Et ensuite, même s'il obtient une majorité à l'Assemblée, elle sera tellement chancelante, estime Naoufel Brahimi, qu'Emmanuel Macron ne prendra pas le risque de se mettre à dos une partie de la droite.

D'ailleurs pour le politologue, auteur du livre France-Algérie, 50 ans d'histoire secrète, l'essentiel n'est pas là : le vrai sujet pour Alger, c'est le Sahara Occidental. Et sur ce point, il s'attend à ce que le président conserve la même ligne que François Hollande, c'est-à-dire une position plutôt proche de celle du Maroc. Le sujet empoisonne les relations entre Alger et Rabat depuis des dizaines d'années. Le Maroc considère cette zone comme partie intégrante de son territoire. Et Alger soutient de manière officieuse le mouvement Polisario qui réclame un référendum d'autodétermination pour la région.