Droits de l’homme en Libye: le cri d’alarme de la procureure de la CPI

Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale.
© AFP / Daniels Evert-Jan

La procureure de la Cour pénale internationale à La Haye a alerté le Conseil de sécurité ce lundi. Pour Fatou Bensouda, la Libye est devenue la plaque tournante d'un vaste marché d'êtres humains. L'insécurité et le fragile de l’Etat de droit ont permis aux réseaux de passeurs d'organiser un trafic illégal de migrants, soumis à des viols, des actes de torture et des meurtres. La procureure espère pouvoir ouvrir une enquête sur ces crimes.

De notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

Pour son treizième rapport devant le Conseil de sécurité concernant la situation en Libye, c'est un cri d'alarme qu'a lancé la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda. Le vide sécuritaire depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 et la crise de la migration ont, selon elle, fait de la Libye un vaste marché pour la traite des êtres humains.

« Des milliers de migrants vulnérables dont des femmes et des enfants sont enfermés dans des centres de détention en Libye dans des conditions inhumaines. Des crimes et notamment des meurtres, des viols et des actes de torture sont présumés monnaie courante », alerte Fatou Bensouda.

La procureure a assuré que ses équipes étaient actuellement en train de collecter des informations. Si les cas relèvent de la compétence du tribunal, elle prévoit d'ouvrir une enquête sur ces crimes pour enrayer le climat d'impunité en Libye. Elle a toutefois noté que la détérioration de la sécurité et les risques de liens entre les réseaux de passeurs, les terroristes et groupes criminels pouvaient aggraver encore les cas de violations des droits de l'homme dans le pays.