RCA: au moins quatre casques bleus tués après l’attaque d’un convoi de l’ONU

(Illustration) Casques bleus de l'ONU aux abords du quartier PK5 de Bangui, la capitale centrafricaine, lors de la visite du Pape François, le 10 novembre 2015.
© REUTERS/Siegfried Modola

En Centrafrique, quatre casques bleus ont été tués et huit autres blessés dans une embuscade ce lundi 9 mai dans le sud du pays. Un cinquième est porté disparu.

A la Minusca, on est sous le choc. C'est la première fois depuis le début de la mission, en septembre 2014, qu'autant de casques bleus sont attaqués et tués de cette manière. Le convoi du génie cambodgien escorté de casques bleus marocains revenait de Rafaï et se dirigeait vers Bangassou, deux villes situées le long de la frontière avec la RDC dans le sud du pays. Vers 20h, alors qu'il fait nuit noire, le convoi tombe dans une embuscade à Yogofongo, à une vingtaine de kilomètres de Bangassou. L'échange de coups de feu est violent. Un Cambodgien est tué, ainsi que huit assaillants.

Quatre casques bleus sont alors portés disparus. Mardi matin, les recherches s'organisent. Puis des discussions s'engagent avec les assaillants. Elles aboutissent à la restitution des corps de trois des quatre casques bleus manquants. C'est le Comité pour la paix de Bangassou, dans le sud du pays, qui a récupéré les corps mutilés de trois soldats de la paix, qui selon nos informations auraient été assassinés à coups de machettes. Cette plateforme intercommunautaire est ainsi venue négocier avec les groupes à l'origine de l'attaque.

Certaines questions restent en suspens à l'heure qu'il est. Ces soldats ont-il été exécutés ou étaient-il déja morts lorsqu'ils ont été emportés par les assaillants ? Où se trouve le dernier casque bleu disparu ? L'ONU, qui refuse pour le moment de répondre à ces questions, attribue l'attaque aux anti-balaka. Mais les leaders anti-balaka à Bangui démentent toute implication. Certaines sources locales parlent de groupes d'autodéfense constitués récemment.

Ce mercredi, le Comité pour la paix doit poursuivre les négociations afin récupérer le quatrième casque bleu toujours porté disparu et dont la nationalité demeure inconnue.

L’ONU régulièrement prise pour cible

Depuis quelques mois, cette zone du sud de la Centrafrique est l'épicentre des affrontements entre communautés. L'UPC, groupe armé à dominante peule, ainsi que les éleveurs peuls qu'il protège sont les cibles d'une offensive des groupes armés issus des autres communautés. Mardi matin, la ville d'Alindao, entre Bangassou et Bambari, a été le théâtre de combats entre l'UPC qui tient la ville et des assaillants anti-balaka.

Dans ces affrontements ethniques qui embrasent tout le quart sud-est du pays, la Minusca est souvent prise pour cible, car considérée par un camp comme alliée à l'autre. Mardi encore, alors que le contingent marocain sécurisait la zone de l'attaque, des échanges de tirs ont de nouveau été enregistrés avec des membres de groupes armés. Pour autant, impossible pour le moment de connaître les motivations de l'attaque de lundi. Des convois sont parfois attaqués par des miliciens locaux, ou des groupes issus de la LRA, qui tentent simplement de voler les chargements.

Dans la journée, Peter Thomson, le président de l'assemblée générale des Nations unies, de passage prévu de longue date à Bangui, devrait se rendre au chevet des huit soldats blessés lors de cette embuscade.