Congo: une opération pour enrayer le phénomène des «bébés noirs» à Brazzaville

Une rue du centre ville de Brazzaville.
© Wikimedia

Les autorités congolaises s'en vont en guerre contre le phénomène de banditisme dit des «bébés noirs». Jeudi 11 mai, le procureur de la République a lancé une grande opération impliquant tous les officiers de police judiciaires, jadis accusés de passivité, visant à en finir avec ces jeunes adolescents drogués qui sèment la terreur dans certains quartiers de Brazzaville.

C’est au commissariat central de La Tsiémé, un quartier nord de Brazzaville, subissant régulièrement les affres des « bébés noirs », que l’opération de lutte contre ce phénomène de banditisme à ciel ouvert a été lancée. Le procureur de la République, André Ngakala Oko l’a fait d’un ton ferme et menaçant :

« L’objectif fondamental de cette cérémonie d’aujourd’hui, c’est de permettre à tous les officiers de police judiciaire de la ville de Brazzaville d’éradiquer par tous les moyens le phénomène de "bébés noirs". Nous allons combattre, dès cet instant, les "bébés noirs" et leurs complices, et nous allons les mettre hors d’état de nuire », a-t-il promis.

Des badauds ont assisté au lancement de cette opération soutenue par les chefs de quartiers et salué par tous. « Toutes les personnes qui sont mauvaises pour la société congolaise, il faut les éradiquer pour qu’on soit tranquille », assène un homme. « Quand ils ont annoncé l’opération, ça m’a fait plaisir. Parce qu’on peut jamais marcher ici entre 22h et l’aube à cause des "bébés noirs" », témoigne cette femme.

En avril dernier, le ministre de la Justice, Pierre Mabiala, avait dénoncé la passivité et le manque de dynamisme des officiers de police judiciaire pour lutter contre ce fléau. Par ailleurs, Marna Mankéni, journaliste à l’agence congolaise d’information, avait été interpellé et gardé à vue 24 heures pour avoir amplifié les faits sur le phénomène des « bébés noirs ».


Qui sont les « bébés noirs » ?

Bienvenu Matsala, responsable d'une étude sur ce phénomène qui impacte fortement la population du Congo Brazzaville, explique l'ampleur de ce problème.

Ils opèrent durant la journée, et la nuit aussi. Ils sont armés d'armes blanches, de machettes, et ils ont aussi des armes à feu. Ces enfants agissent souvent sous l'emprise de la drogue.
Bienvenu Matsala
11-05-2017 - Par RFI