Nigeria: l’impatience grandissante des familles des lycéennes de Chibok libérées

Les 82 lycéennes de Chibokjuste avant leur libération par Boko Haram, le 6 mai 2017.
© REUTERS/Zanah Mustapha

Au Nigeria, après la libération de 82 lycéennes, captives depuis trois ans dans des camps de Boko Haram, les familles doivent faire preuve de patience. Elles n'ont, pour l'instant, pas pu revoir leurs filles, qui selon le gouvernement subissent d'abord des examens médicaux. Mais, au-delà de ces examens, certaines organisations non gouvernementales dénoncent le flou autour de l'accès extrêmement restreint à ces jeunes filles imposé par le gouvernement.

Mark Enoch est un père de famille inquiet et patient. Sa fille et sa nièce figurent parmi les lycéennes enlevées il y a trois ans par les insurgés de Boko Haram. Ce week-end, il avait encore une lueur d'espoir de revoir ses filles : « J'espérais que l'une ou mes deux filles seraient parmi les rescapées. Malheureusement, aucune des deux n'a été libérée. Je prie pour que les médiateurs de ce dossier puissent retrouver les autres lycéennes. »

Les familles des 82 adolescentes devront aussi faire preuve de patience. Joint par RFI, Allen Manasseh, l'un des porte-parole du collectif des familles originaires de Chibok, explique que les rescapées subissent d'abord des examens médicaux. Leurs familles n'ont pour l'instant par accès aux adolescentes.

Les 21 premières libérées sont toujours en détention

« Nous allons garantir un accès aux familles de ces jeunes filles », assure pour sa part Garba Shehu, un des conseillers à la présidence. Ce responsable précise que les lycéennes devront séjourner dans un centre où elles reprendront leurs études.

Seulement certaines organisations s'interrogent sur le statut de ces rescapées. « Les 21 lycéennes libérées lors du premier round de négociations entre Boko Haram et le gouvernement en octobre dernier sont toujours en détention dans une prison du gouvernement », dénonce Mausi Segun, chercheuse à Human Rights Wacht. Elle interpelle les autorités pour qu'elles « clarifient » leur situation : « Ces jeunes rescapées sont-elles en détention préventive ou sont-elles considérées comme des suspects ? », interroge cette chercheuse.

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