Corruption en Tunisie: manifestation contre un projet de loi d'amnistie

Plus de deux mille personnes ont manifesté samedi 14 mai 2017, à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

À Tunis, une manifestation a eu lieu samedi 13 mai pour protester contre le projet de loi de réconciliation. Cette initiative du président de la République vise à amnistier les personnes accusées de corruption, fonctionnaires ou hommes d'affaires de l'ancien régime, en échange de pénalités. Cette proposition est discutée en commission parlementaire, mais pour le collectif Manich Msameh (« Je ne pardonne pas » en dialecte tunisien), qui a organisé la manifestation, et les dizaines d'associations présentes à la manifestation, il s'agit ni plus ni moins de blanchiment de la corruption.

« Ça [la loi] ne passera pas », « Je ne pardonne pas ». Ils étaient plusieurs milliers sur l’avenue Habib-Bourguiba à demander le retrait du projet de loi, samedi 13 mai. : « Je suis pour la justice et tous ceux qui ont fait du mal doivent être punis. Pas question qu'on pardonne. On refuse d'être piétinés », assure Rim Karoui, 35 ans, un professeur de mathématiques.

Six ans après la révolution, cette initiative présidentielle passe mal, sans compter qu'elle vient torpiller la justice transitionnelle, un processus censé arbitrer en toute indépendance les affaires de corruption. « Il y a une disposition dans l'article 148 de la Constitution qui impose à l'Etat de bien sauvegarder et protéger tous les mécanismes de la justice transitionnelle, explique Charfeddine Kellil, avocat et porte-parole du collectif Manich Msameh. Il s'agit de l'enterrement du modèle tunisien de la justice transitionnelle. »

Aux côtés de la société civile, des partis politiques étaient également présents dans le cortège, comme Ghazi Chaouachi, député et secrétaire général du Courant démocrate, dans l'opposition : « Cette loi ne peut pas passer, elle est contre la révolution tunisienne, cette loi consacre le retour de l'ancien régime de corruption de Ben Ali ».

Cependant, il sera difficile de faire reculer la présidence. Béji Caïd Essebsi a déclaré mercredi 10 mai, lors un discours, qu'il était inutile de manifester et que la loi serait discutée à l'Assemblée.

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