Côte d’Ivoire: les tensions se poursuivent à Bouaké

Des soldats de la garde présidentielle font face à un camp des mutins, le 12 mai à Abidjan.
© REUTERS/Luc Gnago

En Côte d’Ivoire, de violents incidents ont eu lieu, dans la matinée de ce dimanche 14 mai, à Bouaké, dans le centre du pays, provoquant la mort d'un homme blessé par balle. Cette localité est devenue, depuis vendredi, l’épicentre d’une nouvelle mutinerie de soldats qui réclament toujours le versement de primes. Des habitants qui se regroupaient pour protester contre les soldats mutins ont été molestés. Un bilan provisoire fait état de huit blessés.

C’est vers 6 h30, ce dimanche matin, sur la place de la gare routière de Bouaké, que des habitants se sont regroupés, en vue d’organiser une marche de protestation contre les mutineries. Très rapidement, deux pick-up sont arrivés aux abords du rond-point et des hommes lourdement armés « ont commencé à tirer en l’air, puis à tir tendu, sur la foule », selon un témoin.

Un bilan provisoire faisait état d'au moins six blessés par balle. L'une de ces victimes est décédée ce dimanche au Centre hospitalier universitaire, a annoncé sa famille.

Intransigeance

Si les positions entre mutins et autorités ivoiriennes sont intransigeantes, chacun campant sur ses positions depuis plusieurs jours, depuis samedi, des mouvements spontanés ou bien encore à l’appel de partis politiques de la majorité sont à noter un peu partout dans les villes concernées.

La population exprime ainsi son ras le bol des violences dont elle est la première victime indirecte ou directe, comme ce samedi matin, à Bouaké.

« Ils [les mutins] peuvent tirer en l’air, on peut comprendre mais tirer sur les gens, c’est cela qui nous indigne et qui nous étonne.
Un habitant de Bouaké exprime son étonnement et son indignation.
14-05-2017 - Par Bineta Diagne

Ce dimanche, des mouvements des forces loyalistes ont été constatés dans la ville de Tiébissou, à une cinquantaine de km de Bouaké. L'état-major a assuré qu'une « opération militaire » était en cours et a « lancé un nouvel appel aux soldats indisciplinés (...) de déposer les armes ». Il les menacés de « sanctions disciplinaires les plus sévères ». La veille, la même mise en garde s'est avérée sans effet.