Six nouveaux juges pour la Gambie

Le tribunal de Banjul.
© RFI/Claire Bargelès

Une cérémonie d'introduction de six nouveaux juges s'est déroulée lundi 15 mai à Banjul. Parmi eux, deux siègeront à la Cour d'appel, et quatre à la Cour suprême. Des nominations suggérées par la Commission de la magistrature et validées par le président Adama Barrow. C’est un grand changement pour la Gambie puisque quatre de ces six nouveaux juges sont gambiens et non étrangers. C'était une promesse du nouveau gouvernement. C'est aussi une nouvelle vie pour la Cour suprême qui n'avait plus siégé depuis 2015, après le limogeage de juges qui avaient critiqué l'ancien dictateur Yahya Jammeh.

La Cour suprême gambienne a ressuscité depuis lundi. Et ses nouveaux juges ne vont pas s'ennuyer puisqu'ils vont devoir rattraper deux ans d'absence. C'est donc un grand jour pour le doyen des avocats gambiens, Sourahata Janneh : « Je pense que l'absence de juges à la Cour suprême était un acte délibéré de l'ancien dictateur pour que les personnes oppressées ne puissent pas y avoir recours. »

Une Cour suprême qui plus est à majorité gambienne ! Jusqu'à présent, l'ancien président Yahya Jammeh n'hésitait pas à recruter des juges étrangers qui tranchaient en sa faveur.

Les avocats gambiens comme Sagar Jahateh attendaient ce changement depuis longtemps. « C'est sûr, c'était très bizarre d'avoir une Cour suprême complètement aux mains d'étrangers, raconte-t-elle. Ce n'était pas du tout une question de capacités des Gambiens, mais c'était peut-être le climat politique à cette époque qui n'incitait pas à postuler, à cause de l'ingérence de l'Etat et l'instabilité d'un tel poste. »

Deux juges de la Cour suprême sont encore étrangers, venant du Nigeria et de la Sierra Leone. Eux-mêmes dans leur discours ont annoncé espérer que leur présence soit temporaire.

C'est aussi le souhait du secrétaire de la magistrature, Landing Sanneh : « Je pense que dans le futur le système judiciaire, de la Cour suprême à tous les magistrats en général, va être de plus en plus gambien. On est sur cette voix, il faut juste nous laisser un peu de temps. »

De quoi apaiser la grogne des avocats qui n'avaient pas apprécié que des juges nigérians soient renouvelés à leur poste en mars dernier.

→ A (re)lire : Gambie: des juges de l'ère Jammeh maintenus en fonction, les avocats s'insurgent