RCA: première conférence de presse de la Minusca après les violences à Bangassou

Patrouille de la Minusca, ici à Bangui en 2016.
© ISSOUF SANOGO / AFP

A Bangassou, ville qui a été investie ce week-end par plusieurs centaines d'hommes armés, le calme semble revenir progressivement. 7.000 déplacés sont toujours dans situation préoccupante, manquant de vivre et d'eau potable. Lors d'une conférence de presse, la Minusca a donné un bilan provisoire de victimes s'élevant à 26 personnes tuées.

C'est la première fois que la Minusca s'adressait directement à la presse depuis le début de la crise qui secoue Bangassou depuis samedi dernier 13 mai. Mardi 16 mai, devant un parterre de journalistes, le général Bala Keïta, commandant en chef des forces de la Minusca, est revenu sur les risques qui continuent de planer dans la région.

« Il y a des jeunes qui sont incontrôlés et qui prennent toutes les occasions pour faire du mal à l'autre, a-t-il déclaré, mais on va essayer de tout faire pour que les uns et les autres soient sous contrôle pour éviter qu'il y ait des représailles, en tout cas, des représailles de grande ampleur. »

L'origine de ces combattants reste un mystère. Aucun des groupes armés présents dans le pays ne revendiquant l'attaque de Bangassou. Mais pour le général Keïta certains points sont clairs : « Je pense qu'il y a de la manipulation, une manœuvre stratégique. Ce n'est que le pic de l'iceberg, c'est-à-dire qu'en dessous, il y a des gens qui cherchent autre chose. »

A Bangassou, 7 000 personnes sont toujours déplacées et dans le besoin le plus total. Mardi, l'avion devant acheminer une aide humanitaire d'urgence n'a pas pu se poser, en raison d'une situation sécuritaire trop fragile.

L'urgence pour nous est de garder ce cessez-le-feu... On demande à la communauté internationale de redoubler ses efforts...
Frédéric Manantsoa, représentant de MSF à Bangui
17-05-2017 - Par Marie-Pierre Olphand