RDC: le pessimisme des citoyens sur la situation politique de leur pays

La popularité de Kabila est en chute: il compte 24% d'opinion favorable, soit 15 points de moins en 10 mois
© REUTERS/Kenny Katombe

Une vision morose de la situation politique du pays, une cote de popularité en baisse pour le président Kabila, ou la difficile émergence d'un leader de l'opposition après la mort d'Etienne Tshisekedi, ce sont les principaux enseignements d'un sondage d'opinion publié mardi 16 mai par le Groupe de recherche sur le Congo de l'université de New York et un bureau d'études, le BERCI. Un sondage réalisé en février et avril 2017 à l'échelle nationale, sur échantillon de plus de 1 000 Congolais majeurs, avec une marge d'erreur de +/-3% et qui comporte des comparaisons avec un précédent sondage des mêmes acteurs réalisés en mai 2016.

Les Congolais sont pessimistes sur la situation politique : 77% estiment que la RDC prend une mauvaise direction, et plus de la moitié s'attendent à de nouveaux conflits sociaux dans les mois à venir.

L'accord du 31 décembre représente toutefois un espoir pour beaucoup : ils sont 83% à le soutenir. Mais face aux blocages dans sa mise en œuvre, une large majorité, 72%, estime la coalition présidentielle responsable de cette impasse, contre 27% qui accusent le rassemblement de l'opposition.

Quant au président Kabila, sa popularité est en chute : il compte 24% d'opinion favorable, soit 15 points de moins en 10 mois. Mais paradoxalement, les Congolais sont désormais moins nombreux à estimer qu'il lui fallait se retirer en décembre : 69% aujourd'hui, contre plus de 74% mi-2016. Un signe, selon les sondeurs, que sa stratégie de glissement de calendrier gagne du terrain.

Côté opposition, les leaders bénéficient globalement d'une meilleure popularité que Joseph Kabila, avec un pic à 88% d'opinion favorable pour Moise Katumbi. L'opposant en exil est aussi désigné comme la meilleure personne pour remplacer Etienne Tshisekedi à la tête du comité de suivi de l'accord, et comme favori à la présidentielle, si l'élection se tenait maintenant.

Une popularité qui ne suffit toutefois pas à combler le vide laissé par Etienne Tshisekedi : la moitié de ceux qui voulaient voter pour l'opposant historique à la présidentielle disent qu'ils ne choisiront aucun autre candidat.