Afrique du Sud: Jacob Zuma perd le soutien des Eglises chrétiennes

Le président sud-africain Jacob Zuma, le 1er avril 2017.
© REUTERS/Rogan Ward

En Afrique du Sud, la liste s'allonge du côté des détracteurs du président Zuma. Le Conseil des Eglises critique désormais ouvertement au chef de l'Etat. Ce Conseil, qui regroupe 36 Eglises chrétiennes, a publié son rapport sur la corruption. Et ce dernier est accablant pour l’administration. Il conclut notamment que le pays est proche d’un Etat mafieux.

Avec ce rapport, présenté jeudi dans une église symbole de la lutte anti apartheid à Soweto, le Conseil ne mâche pas ses mots. Dans ce document compilé depuis un an, les Eglises dénoncent la corruption au sein du gouvernement, l’enrichissement personnel, le pillage des ressources de l’Etat et la capture du gouvernement par la famille Gupta, proche du président. Une condamnation sans appel.

Pour le secrétaire général du Conseil des Eglises, l’évêque Malusi Mpumlwana, le gouvernement a perdu toute autorité morale : « Ces actions semblent être motivées par des intérêts extérieurs, stratégiquement placés en haut de l’exécutif, et qui visent à régulièrement piller les sociétés d’Etat, que tout gouvernement légitime doit en principe protéger. Il est clair que ce gouvernement a perdu toute boussole morale. Et la question est la suivante : les agissements du gouvernement sont-ils en violation de ses obligations constitutionnelles ? »

L’évêque affirme avoir reçu des dizaines de témoignages de gens ayant trop peur pour saisir la justice. Vingt-trois ans après la fin de l’apartheid, lorsque des citoyens ont peur de leur propre gouvernement, cela n’est pas un bon signe, ajoute-t-il. Le Conseil dit avoir approché l’ANC, le parti au pouvoir, pour qu’il agisse avant qu’il ne soit trop tard. C’est la première fois que toutes les Eglises, à l'unisson, condamnent aussi sévèrement le chef de l’Etat.