Au Gabon, les magistrats reprennent leur grève suspendue en février

Vue aérienne de Libreville (photo d'illustration datée de 2012).
© Photo by liewig christian/Corbis via Getty Images

Au Gabon, les magistrats ont relancé, mercredi, une grève suspendue en février dernier. Ils réclament de meilleures conditions de travail et des arriérés de primes. Jeudi 18 mai, ils ont pris des mégaphones pour demander la libération du bâtiment que le gouvernement leur aurait octroyé pour loger les magistrats sans bureau. Problème, le bâtiment est déjà occupé par un autre ministère.

« Libérez ! Libérez ! Libérez le bâtiment ! » Ce ne sont pas des badauds mais des magistrats gabonais qui scandent ces morts. Vêtus de leur toge, ils tournent en rang au pied de l'immeuble qui leur aurait été affecté. Ils sont donc venus chasser le ministre de l'Egalité des chances, son occupant actuel.

« Nous venons dire, de manière solennelle, au ministère de l’Egalité des chances, à tous ses occupants, qu’ils libèrent notre bâtiment dans les meilleurs délais », explique sans détour Justin Loundou, le premier vice-président du Synamag, le Syndicat national des magistrats gabonais.

C'est la deuxième grève du Synamag en cinq mois. En décembre dernier, le syndicat avait déjà paralysé les tribunaux du pays. Il avait suspendu le mouvement après des négociations ouvertes par le ministre de tutelle.

Promesses non tenues

Et pour Justin Loundou, la non tenue des promesses du gouvernement est à l'origine de la reprise de la grève : « Nous avons accordé au gouvernement trois mois pour la réalisation des revendications. Mais aujourd’hui, nous faisons le constat que rien n’a été fait. Raison pour laquelle nous avons repris la grève. »

Les magistrats réclament des bureaux pour travailler. Nombreux travaillent à la maison ou dans des cybercafés. Ils veulent aussi des toges pour les nouveaux et réclament des arriérés de prime. Le gouvernement n'a pas encore publiquement communiqué sur la question.