RCA: l'armée ougandaise laisse Obo entre les mains des FACA

Le ministre de la Défense nationale centrafricain, Joseph Yakete, passe les troupes centrafricaines et ougandaises en revue à Obo, le 18 mai 2017.
© RFI/Charlotte Cosset

L'armée ougandaise présente en Centrafrique depuis 2009 sous mandat de l'Union africaine pour lutter contre la rébellion de la LRA et trouver son chef Joseph Kony - recherché par la CPI - a débuté son retrait et devrait le terminer à la fin du mois. Ce sont 1 500 soldats ougandais qui quittent ainsi la Centrafrique après avoir réduit le nombre des rebelles de la LRA à une centaine. La sécurité d'Obo revient donc aux forces armées centrafricaines (Faca) et à la mission de l'ONU. La cérémonie officielle de départ a eu lieu ce jeudi 18 mai à Obo. Une mission qui n'a pas été parfaite mais que la population encense.

A Obo, la population regrette le retrait de l'armée ougandaise craignant un regain de violences après leur départ. Malgré cette image très positive, une ombre au tableau. Les UPDF sont soupçonnés d'agressions sexuelles. Human Right Watch dit avoir documenté treize cas.

« En tant qu'UPDF, nous condamnons cela. Nous avons toujours essayé de combattre cela, explique Richard Karemire, le porte-parole des forces ougandaises. Nos troupes reçoivent des formations avant d'être déployées. Des enquêtes sont en cours. Quiconque reconnu coupable sera sanctionné. Nous avions déjà conduit nos propres investigations avant même de recevoir ce rapport. Ceux que nous avons déjà reconnu comme impliqués passent devant la Cour martiale ».

De plus, si la LRA a été affaiblie, Joseph Kony court toujours. Les forces armées africaines devront donc prendre le relai. « Nous les Faca, nous n’avons pas peur de la LRA, affirme le lieutenant Zinga, commandant en détachement à Obo. Je crois que nous sommes prêts avec les moyens que nous avons pour combattre les rebelles. Avec les moyens dont nous disposons, nous allons tout faire pour mettre la population à l’aise ».

Le nombre de soldats qui seront envoyés à Obo est incertain. La situation sécuritaire dans la zone reste volatile. Les populations de la région souffrent encore d'attaques de groupes armés qui ne sont pas toujours identifiés.