RCA: Bria de nouveau secouée par les violences

Dans les rues de Bria, avril 2014 (photo d'illustration).
© AFP PHOTO/MIGUEL MEDINA

En République centrafricaine (RCA), la ville de Bria, dans le centre du pays, est de nouveau sous tension. Après un affrontement entre membres de la coalition et certains Seleka, 20.000 personnes sont parties se réfugier autour du camp de base de la Minusca. Au moins 22 personnes ont été tuées, depuis mercredi 17 mai, dont 17 civils.

A Bria, capitale de la coalition menée par le FPRC de Noureddine Adam, des affrontements ont eu lieu, mercredi, entre anti-balaka et la branche arabe de la Seleka. Rapidement, ces derniers ont poursuivi leurs assaillants jusque dans les quartiers chrétiens où de nombreuses maisons ont été incendiées.

Devant la menace, une grande partie la population a fui pour se réfugier autour du camp de base de la Mission des Nations unies en Centrafique (Minusca). Ce site qui accueillait déjà 3 000 personnes en dénombre aujourd'hui plus de 20 000.

Ce vendredi 19 mai, plusieurs hommes armés ont pillé des maisons, abritant des personnels d'ONGs. C'est le cas, notamment, d'Oxfam. « Une des maisons abritant notre personnel national a été complètement pillé, ce qui impacte quand même notre capacité d'intervention sur Bria, explique Francis Ntessani, le directeur de l'ONG en RCA. Nous avons envoyé une équipe de Bangui à Bria pour apporter notre présence sur Bria en termes d'analyse de la situation avec les autre acteurs sur place. »

Les déplacés manquent de tout

Pour les humanitaires, la réponse à apporter à cet afflux massif de population est urgente. Sur place, les déplacés « manquent de tout », souligne-t-on au Bureau de coordination humanitaire (Ocha). Les stocks de nourriture et de bâches pour les abris sont clairement insuffisants.

Même constat auprès des ONG. Oxfam s'inquiète particulièrement des conditions sanitaires, soulignant que le nombre de latrines est « largement insuffisant » pour ces 20 000 déplacés et, qui plus est, en saison de pluies où le risque de propagation de maladies est exacerbé. De son côté, Médecins sans frontières (MSF) a déjà reçu 44 blessés à l'hôpital et a dépêché une équipe chirurgicale pour soigner ses patients. L'ONG déplore elle aussi des conditions sanitaires désastreuses en pleine période de pic de paludisme. En pleine saison des pluies, les cas d'épidémie sont exacerbés. « Ces personnes sont exposées à des risque d'épidémie de choléra, de paludisme, du fait de leurs mauvaises conditions de vie sur le site de déplacé », Anne-Marie Boyeldieu, la chef de mission France de MSF.

Cette attaque survient quelques jours après celles de Bangassou et Alindao, qui ont fait plus d'une centaine de morts. La Minusca avoir renforcer les positions de ses casques bleus.