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Libye

Attaque de Brak al-Shati en Libye: la 3e Force, brigade aux allégeances troubles

Des forces de l'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar affrontent des jihadistes dans la zone d'une marché de Benghazi, le 20 mai (image d'illustration).
© Abdullah DOMA / AFP

Au moins 141 militaires et civils ont trouvé la mort dans l'attaque ce jeudi 18 mai de la base aérienne de Brak al-Shati au sud du pays. Il s'agit du massacre le plus meurtrier depuis 2012. La communauté internationale a aussitôt demandé une enquête sur ce qui s'est passé. La base aérienne était contrôlée par les troupes du maréchal Haftar, l'homme fort de l'est libyen qui avait récemment accepté de jouer le jeu diplomatique. Qui est derrière cette attaque qui a fait explosé le fragile processus de cessez-le-feu qui régnait depuis quelques semaines ?

La 3e Force, qui a orchestré cette attaque, est une brigade originaire de la puissante ville de Misrata. Avant l'arrivée du gouvernement d'union nationale au printemps 2016, elle était déployée à Sebha, la capitale du sud libyen. Sa tâche était de jouer les forces d'interposition entre Toubous et Touaregs qui étaient en conflit.

Elle avait aussi pour rôle de préserver les sites sensibles comme les champs pétrolier et la base militaire de Tamanhint. Une partie de ses troupes s'est ensuite déplacée à Syrte pour aider à chasser l'organisation Etat islamique. La brigade s'est ensuite renommé le 13e bataillon. Officiellement, Jamal Treki et ses hommes sont sous les ordres du gouvernement d'union nationale. Dans les faits, avec l'absence d'autorité de ce dernier, le groupe s'est rangé derrière le mufti de Tripoli, figure de l'aile conservatrice particulièrement hostile au maréchal Haftar.

Pour l'attaque, la 3e Force a reçu le soutien de la Brigade de défense de Benghazi. Une milice qui combat Haftar à Benghazi et dont plusieurs chefs sont très proches idéologiquement des groupes terroristes. Durant le massacre de Brak al-Shati, certains des véhicules arboraient le drapeau noir des jihadistes.

Exécutions sommaires

Les militaires de la base finissaient de parader pour une cérémonie lorsque l'attaque a eu lieu. La plupart des hommes n'étaient donc pas armés ou, en tout cas, pas en position de se défendre. Ce qui expliquerait le nombre si important de victimes.

D'après les témoignages de Libyens qui ont pu se rendre à l'hôpital de Brak al-Shati, au moins une quarantaine de corps avaient la gorge tranchée ou un trou dans la tête, ce qui prouverait des exécutions de sang-froid plutôt que des décès suite à des combats. On dénombre également une dizaine de civils tués, des conducteurs de camions venus pour ravitailler la base aérienne en prévision de Ramadan.

La brigade de la 3e Force explique avoir mené l'attaque pour empêcher que les forces du maréchal Haftar installé à Brak al-Shati ne lance une offensive contre leur base aérienne de Tamenhint, située dans la même région. Les responsables assurent aussi avoir prévenu le ministre de la Défense du gouvernement d'union nationale. Fayez al-Sarraj, le Premier ministre de ce gouvernement, a suspendu le ministre en question.

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