Madagascar: les enlèvements de ressortissants français en pleine recrudescence

A Antananarivo, c'est la quatrième fois cette année qu'un ressortissant franco-malgache est enlevé.
© Bilal Tarabey / RFI

A Antananarivo, une semaine après le nouvel enlèvement d'un Franco-malgache, le quatrième depuis le début de l'année, la famille est toujours sans nouvelle. Yanish Ismaël, 26 ans, a été enlevé le 14 mai, aux abords du cimetière dans lequel il venait de se recueillir avec sa famille. Le garde du corps présent lors du kidnapping, qui a reçu deux balles, est décédé dimanche 21 mai. Du côté de l'enquête, la brigade criminelle avoue n'avoir aucune piste. Pour le représentant des Français de l'étranger, il est désormais nécessaire que Madagascar et la France coopèrent sur ce genre d'affaires afin de maximiser les chances de démanteler les organisations crapuleuses à l'origine de ce type d'enlèvement.

De plus en plus fréquents, de plus en plus spectaculaires. Les enlèvements de citoyens français et malgaches, souvent d'origine indienne, sont en recrudescence sur la Grande Île. Pour Jean-Hervé Fraslin, conseiller consulaire élu par les Français de Madagascar, ces kidnappings n'ont plus grand-chose à voir avec ceux de ces dernières années.

« Si au départ, il a pu s'agir de règlements de compte internes à la communauté indienne, qu'on appelle les "karanas", aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. On a de bonnes raisons de penser qu'il s'agit d'une organisation criminelle organisée, explique-t-il. Les armes qui sont utilisées, les moyens mis en œuvre, la protection dont ces personnes semblent disposer, donne à penser qu'elles pourraient avoir des complices, y compris dans les services de sécurité malgache. »

Pour le représentant des Français à l'étranger, le système judiciaire actuel a montré ses limites. « Il est nécessaire que les autorités malgaches agissent de manière plus efficace et déterminée sur ce sujet, affirme Jean-Hervé Fraslin. Une des suggestions qui leur a été faite est de nommer un magistrat référent qui pourrait coordonner l'ensemble des enquêtes d'enlèvement sur le territoire de Madagascar. Un magistrat malgache qui pourrait aussi solliciter la coopération policière et judiciaire de pays étrangers, notamment quand leurs ressortissants sont concernés ».

Cela pourrait inclure une mise à disposition de moyens techniques en matière d'écoute, de surveillance, de géolocalisation, de conduite de négociation, mais aussi l'organisation d'opérations conjointes. Pas d'ingérence donc, mais une coopération réelle entre les deux pays, sous réserve que Madagascar en fasse la demande à la France.