RCA: le retrait de l’armée ougandaise ravive le souvenir douloureux de la LRA

Des habitants d'Obo, en Centrafrique, devant l'hôpital de l'UPDF ougandaise, en juin 2014 (photo d'illustration).
© AFP PHOTO/MICHELE SIBILONI

A Obo, en Centrafrique, les soldats américains et ougandais se retirent. La mission des Ougandais sous l'égide de l'Union africaine est terminée. Les UPDF assurent que la mission est accomplie et les éléments de la LRA réduits à une centaine de combattants. La LRA, rébellion ougandaise dont l'objectif était de renverser le pouvoir à Kampala, est devenue active dans le sud-est de la Centrafrique dès 2008 après avoir été repoussé du nord de l'Ouganda. Comme dans les pays voisins, les rebelles kidnappent, tuent, pillent. A Obo, la population ne peut oublier cette période.

Sur la route de terre rouge qui relie le camp de l'armée ougandaise à la ville d'Obo, on peut voir un panneau indiquant l'association des victimes de la LRA. La rébellion est encore dans toutes les têtes. Siméon Mbolingbagbe est principal du collège d'enseignement secondaire de Obo. Il était présent lors de la première attaque de la LRA dans la ville.

« La LRA a envahi la ville d'Obo pendant que j'étais déjà ici. Ils ont opéré la nuit. Puis, très tôt le matin, ils se sont retirés, explique-t-il. Cela a créé beaucoup de panique et on a constaté qu'ils avaient emportés beaucoup de gens. Je crois qu’environ 80 personnes qui ont été emportées cette nuit-là. »

Marie-Chantale est venue assister à la cérémonie officielle du retrait de l'armée ougandaise. Elle a le cœur gros de voir ces soldats s'en aller. La LRA lui a beaucoup pris.

« Moi je n'ai pas de mari. La LRA a tué mon mari en brousse. Je n'ai pas de mari, je suis comme ça. Ca fait déjà deux ans je me débrouille comme ça, raconte-t-elle. Je prépare seulement des boissons pour vendre pour garder mes enfants. Auparavant il y avait beaucoup de combats à Obo. Beaucoup de personnes ont disparu dans la brousse. »

L'armée ougandaise se retire donc laissant à Obo ses souvenirs de la LRA, mais aussi ses craintes de nouvelles attaques.

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