Burundi: inquiétude suite à une nouvelle attaque dans le quartier de Kamenge

Des policiers patrouillent dans une rue de Bujumbura, le 12 avril 2016 (image d'illustration).
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Au Burundi, un quartier de la capitale est en proie aux violences depuis la mi-avril. Il s'agit de Kamenge, au nord de Bujumbura. Au moins huit personnes ont été blessées, dimanche soir, par l'explosion d'une grenade. Ce quartier est considéré comme le fief du parti au pouvoir. C'est ici que vivent des milliers de membres des corps de Défense et de sécurité dont de très hauts gradés militaires. Cet incident fait suite à deux autres attaques commises la nuit de dimanche, alors que la capitale est plongée dans le noir en raison des délestages.

Les habitants de ce quartier - épargné jusqu'ici par les violences qui ont touché, depuis le début de la crise burundaise, il y a deux ans, de nombreux autres quartiers de Bujumbura - ne cachent pas leur inquiétude.

Les questions sont nombreuses. Qui est derrière ces violences ? Pourquoi ? Est-ce qu'il existe un lien entre tous ces incidents ? Des questions que les Services de sécurité se posent également mais auxquelles ils n’ont pas encore trouvé de réponse. « Des enquêtes sont en cours », assure un haut cadre burundais.

Entretemps, un habitant de Kamenge accuse les autorités de « laxisme ». Il dénonce l'absence de grosses opérations de perquisition comme celles qui sont régulièrement organisées dans d'autres quartiers de Bujumbura, proches de l'opposition. D'autres accusent le fait que des criminels connus sont relâchés, aussitôt arrêtés.

Des opposants assurent, eux, que cela participe plutôt d'une volonté de couvrir le fait que de nombreuses armes qui circulent dans ce bastion du parti au pouvoir, ont été, en partie, distribuées à des Imbonerakure, membres de la Ligue des jeunes du parti au pouvoir que l'ONU qualifie désormais de milice.

Des accusations que le maire de Bujumbura rejette catégoriquement. Freddy Mbonimpa jure qu'il n'y aucun traitement de faveur réservé à ce quartier et rappelle qu'il a décidé, il y a deux semaines, de mesures pour lutter contre cette criminalité, comme l'interdiction faite aux motos de circuler à partir de 18h00 ou encore la fermeture définitive de cinémas et bars clandestins. Cependant, elles tardent à produire leur effet, apparemment.