Congo-B: l'opposition réagit vivement aux propos de Sassou-Nguesso sur France 24

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso lors de son arrivée à Alger, le 27 mars 2017.
© STRINGER / AFP

Au Congo-Brazzaville, les adversaires de Denis Sassou Nguesso s'insurgent contre ses propos tenus sur France 24 il y a quelques jours. Le président congolais a nié l'existence d'une quelconque crise post-électorale et politique notamment dans la région du Pool. Il a réfuté l'idée d'une chasse aux sorcières qu'il aurait livrée contre ses opposants et notamment ceux qui s'étaient présentés à l'élection de 2016. Il a affirmé qu'il n'y avait pas de prisonniers politiques au Congo et qualifié le Pasteur Ntumi et ses hommes, toujours recherchés dans le Pool, de terroristes. Une position qui indigne l'opposition.

Sur France 24, Denis Sassou-Nguesso est resté droit dans ses bottes. Face à ces propos, les instances de la principale plateforme d'opposition se sont réunies en session extraordinaire. Pour son porte-parole Charles Zacharie Bowao, le président congolais minimise la réalité de la crise dans le Pool.

« C’est une guerre où l’on utilise des hélicoptères de combat, il y a aussi des chars, des mortiers, des armes lourdes, énumère-t-il. Ce sont des bombardements au sens où cela s’entend proprement. Tous les jours nous avons des témoignages de gens qui quittent le président Sassou-Nguesso, il a un langage qui ne reflète pas la réalité ».

Selon Charles Zacharie Bowao, seul un dialogue incluant toute la classe politique pourrait sortir le Pool de cette crise. Même sentiment pour Joe Washington Ebina, président du mouvement de la société civile FULD, pour qui les propos du chef de l'Etat sont de mauvais augure avant les législatives de juillet.

« Nous sommes totalement outrés dans la mesure où nous ne comprenons pas pourquoi le président a une lecture différente de la réalité congolaise, explique-t-il. Les leaders d’opinion qui ont participé à l’élection présidentielle sont aujourd’hui en prison. Comment peut-on avoir des élections pendant qu’il y a toute une région du pays qui est instable ? Cela veut dire que toute cette zone-là, elle ne sera pas considérée. Je crois que c’est une erreur grave. C’est une atteinte à toutes ces personnes qui sont meurtries et apeurées. Il faudrait vraiment dire la vérité à la population et trouver des solutions de paix ».

Joe Washington Ebina demande lui aussi un dialogue politique inclusif, sous l'égide de la communauté internationale. La principale plateforme d'opposition devrait décider ce mercredi 24 mai si elle participe ou non aux élections locales et législatives de juillet prochain.

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