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Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire: 3 morts après un mouvement de colère des démobilisés à Bouaké

Check-point tenu par des mutins à Bouaké, le 15 mai 2017.
© REUTERS/Luc Gnago

En Côte d'Ivoire, on croyait la dernière crise des mutins désamorcée, mais c'était sans compter les démobilisés, ces ex-rebelles, qui eux n'ont pas été intégrés dans l'armée et qui réclament aussi des primes. A Bouaké, cela a mal tourné ce mardi matin. Au moins trois démobilisés sont morts et une vingtaine de blessés quand les forces de l’ordre ont voulu les déloger de l’entrée sud de la ville.

Les forces de l’ordre ont ouvert le feu au corridor sud, selon un porte-parole des démobilisés qui affirme que ses hommes n’avaient pas d’armes. La tension est montée lundi à l’occasion des obsèques d’un ex-combattant démobilisé, Youssouf Diawara, tué la semaine dernière, le samedi 13 mai, par des militaires mutins.

Ils revendiquent leurs droits, tandis qu’on leur doit de l’argent.
Pierre Amani Yao
23-05-2017 - Par Carine Frenk

La ministre de la Solidarité, Mariatou Koné, avait fait le déplacement. Elle a rencontré les démobilisés à la morgue où elle leur a expliqué que le gouvernement pensait à eux et avait des projets à leur proposer pour leur réinsertion dans la société. « On ne veut pas de projet, on veut l’argent », répètent depuis des jours ces ex-combattants. La ministre a été d’ailleurs quelque peu chahutée. Puis une partie des démobilisés présents sont ensuite allés bloquer le corridor sud.

Pour rappel, ces démobilisés sont des ex-combattants qui n’ont pas été incorporés dans l’armée au terme du Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (DDR). A l’époque, ils avaient reçu pour certains 800 000 francs CFA [1 219 euros] et une formation. Mais aujourd’hui, compte tenu de l’échec en matière de réinsertion de la plupart d’entre eux, ils réclament les mêmes primes que celles versées aux militaires depuis 2015, soit 17 millions de francs CFA ; ainsi qu’une incorporation des plus jeunes dans les corps alliés.

Les autorités en tout cas s’attendaient manifestement à une telle poussée de fièvre de ces ex-combattants qui disent être un peu plus de 4 000 à Bouaké, puisque des éléments de la brigade antiémeute étaient arrivés à Bouaké dès dimanche.

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