Drame d’Eseka au Cameroun: les conclusions de la commission d'enquête dévoilées

Le train de Camrail a déraillé le 21 octobre 2016, au niveau d'Eseka.
© REUTERS/Anne Mireille Nzouankeu

Mardi 23 mai, les autorités camerounaises ont dévoilé les principales conclusions de la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur la catastrophe d'Eseka. Le 21 octobre, le déraillement d'un train de la compagnie Camrail avait fait officiellement 79 morts. Quatre jours plus tard, cette commission placée sous la direction du Premier ministre avait été créée pour connaître l'origine du drame, évaluer sa gestion, établir les responsabilités et proposer des mesures pour que cela ne se reproduise pas. Sept mois plus tard, la présidence a diffusé les principaux éléments du rapport d'enquête et annoncé une série de mesures.

C'est bien Camrail qui est désigné comme principal responsable de la catastrophe. Première cause : la vitesse excessive du train, 96 km/h au lieu de 40. Un dépassement dû au non-respect de plusieurs règles de sécurité sur un train qui « présentait de graves défaillances et anomalies », dit le communiqué.

Les experts parlent d'une surcharge du convoi et d'une rallonge inappropriée de la rame, d'un freinage défaillant pour certains wagons de voyageurs ainsi que pour la motrice, ou encore la non-prise en compte des avertissements du conducteur.

Face à ces conclusions, le président demande des sanctions contre les responsables. Le rapport sera transmis à la justice, dit le texte. Paul Biya souhaite que le partenariat entre l'Etat et Camrail soit revu. L'entreprise est détenue à 75% par le groupe français Bolloré. Le Cameroun est actionnaire minoritaire, avec moins de 15% des parts. Or Paul Biya souhaite désormais que l'Etat soit plus présent dans la société.

Enfin concernant les victimes, la présidence annonce une enveloppe d'un milliard de francs cfa supplémentaire pour les assister. Elle ordonne également le renforcement du dispositif de prévention des catastrophes. La commission d'enquête pointe en effet l'action des secours. Elle demande plus de réactivité, de cohérence et de fluidité dans les opérations.

Il y a des zones d'ombres parce que la position de la présidence de la République ne dit rien sur le sort des disparus...

L'avocat des victimes, maître Michel Voukeng, parle d'une véritable avancée mais il émet toutefois des réserves.
24-05-2017 - Par Sébastien Nemeth

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