Drame d’Eseka au Cameroun: l’Etat veut renforcer sa présence dans Camrail

Au Cameroun, les passagers évacuent le train qui a déraillé à Esaka, le 21 octobre 2016.
© AFP/STRINGER

Le rapport est accablant pour Camrail en ce qui concerne l'accident qui a fait 79 morts et 600 blessés, en octobre dernier, à Eseka, au Cameroun. Selon les conclusions de la commission d'enquête, le train roulait trop vite, et les wagons étaient surchargés, enfreignant ainsi les règles de sécurité. Les familles des victimes attendaient avec impatience les résultats de ces investigations. Et aujourd'hui, les autorités veulent que ça change. L'Etat entend renforcer sa présence au sein de l'actionnariat de Camrail, détenu à 80% par le groupe français Bolloré.

L'Etat camerounais veut augmenter sa participation au sein de Camrail. La convention entre le Cameroun et la société Camrail a été signée en 1999, il y a 18 ans, et elle octroie à Yaoundé 13% des actions. Le terrible accident d'Eseka peut être le catalyseur pour revisiter cet accord de gestion de l'entreprise. En d'autres termes, Paul Biya y voit une opportunité. La présidence est claire : des « sanctions appropriées doivent être prises à l'encontre des responsables ».

Pour le groupe Bolloré, majoritaire, la pression est donc forte. D'un côté, un président camerounais qui ne peut, face à une opinion publique et aux 79 morts, aux 600 blessés, à leurs familles, à leurs proches, que demander des têtes. C'est aussi un bras de fer politico-médiatique. Puisque même si, après une négociation, Bolloré cède des parts à l'état camerounais, cela aura-t-il pour conséquence directe plus de sécurité, les convois seront-ils moins surchargés, les freins vont-ils mieux fonctionner ?

Ce mercredi matin, à huis clos, les responsables de la Camrail étaient réunis. À court terme, il faut sous-peser les mots du communiqué de la présidence pour apporter une réponse publique. Et pour le moyen et long terme, soupeser la portée de la position de Paul Biya sur une renégociation du contrat de 1999.