Ethiopie: un opposant condamné à six ans de prison pour des posts sur Facebook

Yonathan Tesfaye avait publié sur Facebook une série de posts soutenant les manifestations de 2015 et 2016 en pays oromo.
© REUTERS/Dado Ruvic/Illustration/File Photo

En Ethiopie, l'opposant Yonathan Tesfaye a été condamné jeudi 25 mai à de la prison ferme. Ce porte-parole d'un important parti d'opposition, le Parti bleu, avait été arrêté en décembre 2015 après avoir publié sur Facebook une série de posts soutenant les manifestations de 2015 et 2016 en pays oromo. Le pouvoir avait dénoncé ces manifestations comme étant manipulées par des groupes extrémistes basés à l'étranger.

Après un an de procès devant la Haute Cour, Yonathan Tesfaye sait désormais qu'il devra supporter encore plusieurs années les conditions difficiles de la prison de Maekelawi, à Addis-Abeba. Déjà reconnu coupable d'incitation au terrorisme, le voici désormais condamné à six ans et demi de prison pour ses commentaires sur Facebook en soutien aux manifestants. En effet, le procureur fédéral a jugé ces commentaires suffisants pour l'inculper et le qualifier de complice de terrorisme.

En Ethiopie, le terrorisme est une notion très large. En l'occurrence, le tribunal a jugé que ses appels aux manifestants à tenir bon, à s'organiser jusqu'à la chute du gouvernement, étaient le signe de sa complicité avec le Front de libération oromo, armé et soutenu par l'ennemi érythréen et accusé d'être derrière les troubles.

Les organisations de défense des droits de l'homme ont eu beau dénoncer des « charges fabriquées », les juges ont pourtant estimé qu'elles étaient clairement établies. Selon ces derniers, Yonathan Tesfaye, par ses écrits, était complice des violences qui ont endeuillé l'Ethiopie durant ces mois de protestation des Oromos contre l'accaparement de leurs terres et la marginalisation de leur nation dans la fédération éthiopienne.

Le président du parti de Yonathan Tesfaye a annoncé qu'il ferait appel de ce verdict. A noter que, la veille, un journaliste, Getachew Shiferaw, a lui aussi été reconnu coupable d'incitation au terrorisme pour des raisons similaires. Son verdict est attendu dans les semaines qui viennent.

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