L’opposant sud-africain Mmusi Maimane empêché de se rendre en Zambie

Mmusi Maimane, le leader de l'Alliance Démocratique (DA), le principal parti d'opposition, le 17 août 2016.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

Le principal dirigeant de l'opposition sud-africaine, Mmusi Maimane, n’a plus le droit de se rendre en Zambie. Des policiers sont montés jeudi dans l'avion dans lequel il se trouvait, pour lui signifier qu'il ne pouvait pas entrer sur le territoire. Mmusi Maimane voulait se rendre à Lusaka pour assister au le procès d'un opposant au régime, Hakainde Hichilema, accusé de trahison.

C’est en arrivant à l’aéroport de Lusaka jeudi soir que Mmusi Maimane a été interdit d’entrée sur le territoire et renvoyé en Afrique du Sud. Mmusi Maimane se rendait en Zambie pour apporter son soutien au leader de l’opposition zambienne, Hakainde Hichilema, actuellement en prison.

Ce dernier est accusé de trahison pour avoir gêné le convoi du chef de l’Etat. Il est en détention depuis plus d’un mois et son parti y voit la volonté du régime de lui faire payer son refus de reconnaître la victoire du président Edgar Lungu.

En effet, Hichilema continue de contester les résultats très serrés et a fait appel auprès de la justice. Face à la contestation de l’opposition, le président Lungu a menacé d’imposer l’état d’urgence. Ce vendredi matin, le leader de l'opposition sud-africaine, Mmusi Maimane, qui manifestait devait l'ambassade zambienne à Pretoria, a dénoncé le silence de la région, de l'Union africaine face à la détention de l'opposant.

« Tout ce que je voulais faire, c’était pouvoir venir et soutenir un ami, un collègue, quelqu’un qui se bat pour l’état de droit en Zambie. Hichilema, qui est en détention, a été inculpé pour trahison, et il pourrait être condamné à la peine capitale, alors qu’il n’y aucune raison et qu’il n’a fait que son travail. Son procès a lieu aujourd’hui et tout ce que je voulais faire, c’était être à ses côtés et lui dire qu’en tant que leader de l’opposition, nous devons nous lever ensemble quand un régime devient une dictature ».

Les observateurs étrangers mettent en garde contre un climat qui se détériore en Zambie : la répression, le harcèlement de l’opposition et des médias. Le mois dernier, la conférence des églises catholiques zambienne a dénoncé les tendances dictatoriales du gouvernement.