RDC: des milliers de Congolais fuient le Kasaï pour le nord de l’Angola

Kalemie, province du Katanga, RD Congo, 27 novembre 2014: Les déplacés internes du camp de Lukwangulo accueillent chaleureusement une délégation de la MONUSCO en déplacement dans la région.
© ©MONUSCO/Abel Kavanagh

En Angola, Médecins sans frontières (MSF) fait état de plusieurs personnes qui arrivent tous les jours à Dundo, dans le nord du pays, après plusieurs jours de marche. Elles fuient les violences qui sévissent actuellement au Kasaï, en RDC, de l’autre côté de la frontière.

Depuis le mois d’avril, 30 000 Congolais, en provenance du Kasaï, ont fui vers l’Angola arrivant principalement à Dundo, la capitale du nord-est de la province de Lunda-Norte, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Sur place, MSF affirme que la situation est  « compliquée » et que des gens « arrivent tous les jours ». « Côté santé, c’est compliqué aussi. Il y a eu des arrivées massives, il y a quinze jours, quand la situation était assez violente, de l’autre côté de la frontière. A ce moment-là, on a reçu beaucoup de blessés, beaucoup de personnes amputées, des gens qui avaient reçu des coups de machette, entre autres. Mais on a aussi reçu des blessés par balles et des brûlés », rapporte Joao Martins, responsable de MSF à Dundo.

Affaiblis et souffrant de paludisme

Craignant une nouvelle flambée de violence, ils marchent pendant des jours et font plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre en Angola. Ils arrivent dans les camps de réfugiés « très affaiblies, souffrant souvent de paludisme », précise Joao Martins. Ils sont « très faibles psychologiquement aussi. Ils nous parlent, en effet, de gens qui ont dû s’échapper, de familles qui ont été dispersées, d’enfants sans famille », explique-t-il avant de préciser que 200 enfants, environ, sont arrivés sans leurs parents.

Pour les accueillir, les humanitaires ne comptent pas leurs heures. « En ce moment, nous sommes en train de démarrer nos opérations et, en plus, d’assurer les soins de santé. Nous sommes en train de creuser des latrines et d’organiser l’approvisionnement en eau. Nos journées sont longues et on travaille sept jours sur sept », indique encore le responsable de MSF.

La violence et l’instabilité au Kasaï ont débuté en août 2016 après la mort d’un chef traditionnel lors de combats avec les forces de sécurité. La situation s’est alors détériorée au cours des mois qui ont suivi et ce conflit, devenu depuis terriblement brutal, a déjà déplacé plus d’un million de civils à l’intérieur de la RDC, selon le HCR.

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