Répression en RDC: l'Union européenne épingle de nouveau des noms d'officiels

Lambert Mende, ministre de l'Information de République démocratique du Congo.
© Reuters

L'UE avait déjà pris des sanctions contre des personnalités congolaises. Elle vient de dresser une nouvelle liste de neuf hauts responsables de RDC, qui vont se voir à leur tour sanctionnés le mois prochain. Ceux-ci n'auront plus droit aux visas Schengen et leurs biens et avoirs en Europe vont être gelés.

Les Européens constatent qu'à l'évidence, le message de leur condamnation - au moins morale - de la conduite des affaires en République démocratique du Congo n'a pas été bien compris à Kinshasa. Aussi, l'UE entend faire preuve d'une fermeté nouvelle vis-à-vis de ceux qui, en RDC, se rendent coupables de violations graves et répétées des droits humains, de recours excessif à la force, et qui par leur parole et leurs actions, sabotent systématiquement toute tentative de décrispation.

Une liste de sept individus liés au régime actuel avait été dressée à la fin de l'année dernière, déclenchant à l'encontre de ces personnes les sanctions personnelles classiques : interdiction de séjour et de transit dans l'UE, gel des biens et des avoirs détenus dans l'Union européenne. Selon l'Union européenne, ces personnes sont impliquées dans la répression, principalement dans les trois provinces du Kasaï, au Kivu, au Congo central et dans la capitale Kinshasa.

Or, des éléments factuels nouveaux ont été portés à l'attention des pays de l'UE, et de ce fait, les ambassadeurs des Vingt-Huit pays membres de l'Union viennent d'avaliser une extension de cette liste à neuf personnes supplémentaires, tel que proposé par la délégation européenne dans la capitale congolaise. La liste vise trois militaires ou miliciens, et six responsables politiques, ministres ou gouverneurs de province.

Quelques noms bien connus en RDC

On relève en particulier le nom d'Evariste Boshab, vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur et de la sécurité publique jusqu'en décembre 2016. Il y a aussi Ramazani Shadary, actuel ministre de l'Intérieur et de la sécurité publique, responsable à ce titre de l'usage disproportionné de la force dans le Kasaï, selon l'UE. Mais l'UE n'oublie pas le visage médiatique du pouvoir congolais, le ministre de l'Information Lambert Mende, considéré comme le porte-parole de la politique répressive du gouvernement.

Au tout dernier moment, le colonel Paul Mugisha Muhumuza a été retiré de la liste faute de preuves jugées suffisantes. En revanche, le nom de Kalev Mutond, très redouté directeur de l'Agence nationale de renseignement, a été rajouté. Il est épinglé pour son rôle central dans la répression. En privé, diplomates et députés européens précisent que ces listes constituent autant de balises pour d'éventuelles inculpations le jour venu devant la justice nationale ou internationale.

Pour entrer en vigueur, la nouvelle liste de neuf noms doit cependant être entérinée par le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne le 19 juin prochain à Luxembourg. A moins qu'à l'initiative des Français et des Belges, on opte pour une procédure accélérée.

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