Ouganda: la police pointée dans des actes de torture

La police ougandaise est pointée dans les rapports comme étant la première institution utilisant la torture.
© Isaac Kasamani / AFP

Les cas de tortures continuent de défrayer la chronique en Ouganda alors que le rapport annuel de la commission des droits de l'homme a été publié la semaine dernière, et présentait en chapitre 1 le problème de la torture dans le pays. Cas très médiatisé, celui du maire de la ville de Kamwenge, Geoffrey Byamukama. Des photos de lui à l'hôpital ont été publiées dans la presse montrant d'horribles plaies béantes aux genoux et aux chevilles. Mardi 30, les suspects de ces tortures, quatre policiers, étaient présentés devant la justice.

Il aura fallu moins de trois heures pour que la Cour accorde la libération sous caution aux quatre policiers soupçonnés d'avoir torturé le maire Geoffrey Byamukama. Leur avocat, Peter Musangala, s'en réjouit. « N’importe qui est présumé innocent tant qu'il n'a pas été déclaré coupable ou tant qu'il n'a pas plaidé coupable. Donc, dans la mesure où ils sont accusés de torture en vertu de la loi sur la prévention de la torture, ils ont le droit d'être représentés par un avocat. Et ils ont le droit d'être libérés sous caution. Et c'est ce que nous avons fait aujourd'hui », plaide-t-il. 

Le maire Byamukama aurait été emmené dans un van et battu à coup de bâtons et de barres de fer. Les assaillants auraient cherché à obtenir des informations sur le meurtre de l'inspecteur général de police. D'après certaines sources, le maire ne parviendra sûrement jamais à marcher de nouveau.

Pour l'avocat des droits de l'homme, Nicolas Opiyo, ces cas de torture remettent en cause le fonctionnement de la police. « La police s'est continuellement éloignée de sa mission de force de police pour être de plus en plus militaire, commente-t-il. Et elle se voit davantage comme une extension des forces armées que comme au service des gens de ce pays. Nous enquêtons sur plusieurs cas de tortures, un certain nombre de personnes sont venues nous voir pour instruire des dossiers, et beaucoup d'autres vont venir. »

La police est pointée dans les rapports comme étant la première institution utilisant la torture. Sur les 1 658 cas répertoriés par la commission ougandaise des droits de l'homme ces cinq dernières, plus de 1 000 cas lui sont imputés.

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