Jacob Zuma pris à partie sur les liens entre le pouvoir et la famille Gupta

Le président Jacob Zuma lors de son intervention au Parlement au Cap, le 31 mai 2017.
© REUTERS/Mike Hutchings

Le chef de l'Etat sud-africain a présenté son budget ce mercredi 31 mai lors d’une session parlementaire encore une fois houleuse. Jacob Zuma a été pris à partie. D'autant plus qu'il y a quatre jours, la presse a publié des emails compromettant entre des membres du gouvernement et la riche famille d'hommes d'affaires Gupta.

La publication de ses emails ne pouvait pas tomber plus mal pour le chef de l'Etat. Ils font état de liens douteux entre certains ministres et la famille Gupta. S'ils s’avèrent authentiques, ces échanges révèlent l’emprise de cette riche famille d’hommes d’affaires sur le gouvernement. Et que le fils même du président, Duduzane Zuma, s'est acheté une résidence à Dubaï avec de l'argent prêté par les Gupta.

« Si nous votons ce budget, nous soutenons un Etat mafieux »

Pour l'opposition c’en est trop. Venu au Parlement mercredi après-midi pour y présenter son budget, Jacob Zuma a de nouveau été pris à partie par l'opposition. Pour Mmusi Maimane, leader du principal parti d'opposition, l’Alliance démocratique (DA), ces échanges sont la preuve de liens corrompus entre le président et ces hommes d'affaires.

« Nous ne pouvons pas venir ici et faire semblant que la présidence n'est autre que le quartier général de l'empire Gupta, avec le président agissant pour leur intérêt. Le budget que nous débattons ici aujourd'hui n'est autre qu'un deal pour une organisation corrompue. Si nous votons pour ce budget, nous soutenons un Etat mafieux », a-t-il fustigé.

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L'alliance démocratique a d'ailleurs porté plainte mardi auprès de la justice contre le chef de l'Etat, trois membres de la famille Gupta et huit autres personnes pour trahison, racket et corruption.

« Ceci est un budget pour le président Gupta, a tempêté leader de l’opposition. Ayez ça en tête quand vous irez voter. J'en ai assez chaque week-end de lire que notre pays a été vendu à quelqu'un. Je vous le dis ici et maintenant : cet homme a détruit l'ANC, nous ne le laisserons pas détruire le pays. »

Une enquête ?

En face, quelques députés sont venus en aide au chef de l'Etat, qui est resté impassible face à ces accusations. Le sourire aux lèvres lors d'échanges houleux entre des députés de l'ANC, le parti au pouvoir, et de l'opposition.

Le président s'est contenté d'assurer que le gouvernement n'était pas opposé à une enquête sur la corruption au sommet de l'Etat. Une enquête exigée par la médiatrice de la République il y a plus de six mois. Mais il reste des détails à régler, a affirmé le chef de l'Etat sud-africain. Notamment qui dirigera cette commission d'enquête.

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