Sommet de la Cédéao à Monrovia: le roi du Maroc annule son déplacement

Mohammed VI, le 16 juillet 2013 à Rabat.
© AFP PHOTO / FADEL SENNA

Le roi du Maroc annule son déplacement au 51e sommet de la Cédéao, qui se tient à Monrovia les 3 et 4 juin prochain. Les Etats membres doivent y examiner la demande d'adhésion du royaume au sein de l'organisation. Cause de l'annulation de ce déplacement, la polémique autour de la participation de Benyamin Netanyahu à ce sommet. Plusieurs pays membres ont en effet réduit a minima leur représentation en raison de la présence annoncée du Premier ministre israélien.

Sa Majesté le roi souhaite que sa première présence à un sommet de la Cédéao n'intervienne pas dans « un contexte de tension et de controverse », rapporte le ministère marocain des Affaires étrangères. Le souverain, dit-on, tient à éviter tout « amalgame ou confusion » lié à la présence de Benyamin Netanyahu lors de cette rencontre.

Pourtant ce déplacement s'annonçait comme le deuxième grand coup d'éclat de la diplomatie marocaine en Afrique. Après avoir réintégré l'Union africaine en grande pompe en janvier dernier, à Addis-Abeba, Mohammed VI entendait à nouveau par sa présence au sommet de la Cédéao appuyer en personne l'adhésion du Maroc au sein de la Communauté économique ouest-africaine.

Un discours devant les Etats membres avait même été programmé. Une présence pour permettre d'user de toute l'influence royale pour convaincre l'assistance de faire passer le Maroc de statut de pays observateur à celui de membre à part entière et achever de dissiper les craintes de déséquilibres de l'arrivée d'une économie forte dans les échanges commerciaux de la sous-région.

Tensions diplomatiques

Officiellement, Benyamin Netanyahu vient préparer le sommet Israël-Afrique de Lomé prévu à l'automne et proposer une coopération dans l'agriculture et la sécurité. « Mais personne n'est dupe, commente un ministre africain. Si le Premier ministre se déplace en personne, c'est que la dimension politique est là.  Le malentendu c'est que la Cédéao a besoin d'une coopération technique ».

Le chef du gouvernement israélien arrive donc en terrain difficile. Car si la quasi-totalité des pays membres reconnaissent la Palestine comme Etat, plusieurs n'ont aucune relation diplomatique avec Israël. Une situation qui pose problème à l'Etat hébreu lors de votes à l'ONU comme en décembre dernier. Le Sénégal avait voté une résolution contre la colonisation dans les Territoires palestiniens, suscitant des mesures de rétorsion de la part d'Israël.

Selon les informations de RFI, Macky Sall sera pourtant bien présent à Monrovia, tout comme Ibrahim Boubacar Keïta, alors que le Mali n'a pas de relations diplomatiques avec Israël. Le Niger non plus, mais il ne devrait être représenté que par un ambassadeur.