Horst Köhler bientôt nommé envoyé spécial de l'ONU au Sahara occidental

Horst Köhler au moment d'annoncer sa démission de la présidence de l'Allemagne à Berlin, le 31 mai 2010.
© REUTERS/Fabrizio Bensch

A 74 ans, Horst Köhler vient d'être nommé envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental. L'ancien président allemand succède à l'Américain Christopher Ross qui avait quitté son poste en mars dernier après huit années passées à ce poste.

Depuis 1991, la mission des Nations unies pour le Sahara occidental (Minurso) est chargée de faire observer le cessez-le-feu entre le Front Polisario et le Maroc. Mais toujours aucune solution n'a été trouvée concernant le statut de ce territoire non autonome. Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination alors que Rabat propose une autonomie sous souveraineté marocaine.

Le nouvel envoyé spécial de l'ONU fera-t-il mieux que son prédécesseur qui n'avait plus de crédit auprès du Maroc ? Horst Köhler n'a pas fait carrière dans la diplomatie, mais il lui en faudra pourtant pour faire avancer le dossier épineux du Sahara occidental.

Fils de paysans devenu brillant économiste, il a présidé la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et dirigé le Fonds monétaire international. Son passage à la présidence de 2004 à 2010, une fonction essentiellement honorifique, lui a valu une véritable popularité au point même d'être surnommé par la presse allemande « Super Horst ». Mais en 2010, il démissionne après une campagne de presse critique à son égard. C'est la stupeur dans l'opinion publique.

Franc-parler

Dans son parti, la CDU d'Angela Merkel, on le dit alors trop susceptible et irritable. Horst Köhler est réputé pour son pragmatisme et sa franchise. En tant que président, il n'a pas hésité à qualifier les marchés financiers de « monstres », à demander des excuses aux banquiers et à critiquer les hommes politiques de son pays.

Aura-t-il le même franc-parler face aux autorités marocaines et au Front Polisario ? Le Sahara occidental ne fait pas partie des dossiers qu'il a eu à suivre, mais l'Afrique est devenue au fil des années une passion pour lui. Dès son arrivée à la présidence, il avait d'ailleurs eu ces mots pour le continent : « L'humanité de notre monde se jugera au destin de l'Afrique ».

Son défi

Sa mission est claire : Horst Khöler doit relancer le plus rapidement possible les négociations sur le Sahara occidental en profitant un contexte diplomatique plus propice : les Marocains comme le Front Polisario ont fini après des mois de querelles par se retirer de la zone contestée de Guerguerat et les deux parties ont laissé entendre qu'elles étaient prêtes à une reprise des pourparlers directs. Problème, le royaume chérifien continue de proposer une autonomie sous souveraineté marocaine aux Sahraouis tandis que le Front Polisario réclame toujours l'organisation d'un référendum d'autodétermination.

Horst Khöler devra donc trouver la voie très étroite pour mener les deux parties à la table des négociations. Il aura aussi à gérer dès son arrivée une mission qui devrait être amputée d'une partie de son personnel. Les Américains, qui négocient actuellement les budgets des opérations de maintien de la paix, auraient demandé à voir partir une centaine de personnels soit un peu moins de la moitié de la Minurso alors que la mission vient à peine de retrouver sa pleine fonctionnalité.

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