Le Burundi accuse l’Union européenne de déstabilisation

Pour le gouvernement burundais, l'Union européenne est impliquée dans les manifestations anti-troisième mandat en 2015 à Bujumbura.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Le Burundi, qui traverse une grave crise politique depuis plus de deux ans, est sous sanctions de l'Union européenne. Son gouvernement s'en prenait régulièrement à cette organisation mais de manière voilée. Le ton a changé depuis lundi 5 juin. Le gouvernement, qui s'appuie sur des documents qui ont fuité dans la presse, s'en est pris violemment à l'UE accusée d'avoir participé et même financé une déstabilisation du pays.

Jusqu'ici, le gouvernement s'était contenté d'allusion, cette fois l'attaque est frontale. Dans un communiqué du porte-parole du gouvernement, qu'il a lu lundi soir à la radio-télévision nationale, il n’y a rien de moins que la preuve « de la probable implication de l'Union européenne » dans la déstabilisation des institutions républicaines du Burundi, « notamment dans la tentative de changement de régime au Burundi » une allusion très claire à la tentative de coup d'Etat de mai 2015, au plus fort des manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

En cause, des contrats passés entre l'Union européenne et une ONG internationale en 2014, rendus public par un site proche du pouvoir, et qui montrent que l'organisation européenne avait financé à l'époque l'exfiltration du Burundi de plusieurs défenseurs des droits de l'homme ou de leurs familles. « Des gens dont la vie était en danger », explique une source européenne, qui parle d'une « pratique courante qui s'inscrit dans le cadre d'un programme officiel de l'UE pour la promotion de la démocratie et des droits de l'homme au niveau mondial ».

Mais Bujumbura n'en a cure, le gouvernement fait face à de graves difficultés économiques et il en rend l'UE responsable en grande partie car il s'agit à ses yeux d'un financement de figures et d'organisation de la société civile à la tête de la contestation contre le troisième mandat de Nkurunziza.

« Main étrangère »

Le porte-parole du gouvernement Philippe Nzobonariba assure que son gouvernement vient enfin de trouver « une réponse claire aux interrogations qu'il se posait » notamment à propos des « sanctions » de l'Union européenne et « de ses prises de position toujours défavorables aux intérêts du Burundi ».

Bujumbura estime donc que l'UE serait donc « la probable main étrangère » qu'il a toujours dénoncée, dans les actes de sabotage de son programme de promotion de la paix et de la démocratie dans le pays.

Ces documents pourraient accréditer la thèse selon laquelle certains acteurs de l'Union européenne nourrissent depuis plusieurs années le désir d'un changement de régime au Burundi.

Extrait de la déclaration de Philippe Nzobonariba
07-06-2017 - Par Carol Valade

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