Cameroun: les 27 militants de la contestation anglophone restent en prison

Certains des activistes jugés ont été arrêtés à Bamenda, au Cameroun anglophone (ici lors d'une journée de mobilisation le 8 décembre 2016).
© REUTERS/Stringer

Au Cameroun, la demande de liberté provisoire pour les 27 militants de la contestation anglophone a été rejetée. Détenus depuis le mois de janvier, ils sont accusés d'acte de terrorisme dans deux régions anglophones qui dénoncent leur marginalisation depuis six mois.

Ce mercredi matin, à l'issue d'une audience très courte, le tribunal militaire de Yaoundé a rejeté la demande de liberté sous caution des 27 militants de la contestation anglophone. Mais cela serait dû à un malentendu. Selon les avocats des leaders anglophones, les juges ont statué sur une mauvaise demande.

En effet, ils affirment n'avoir jamais parlé de liberté sous caution. Et pour cause, le Code pénal l'interdit dans les cas où la peine de mort ou la prison à vie sont en jeu, ce qui est le cas dans ce procès puisque les trois leaders et les 24 autres prévenus sont jugés pour terrorisme.

Il s'agirait donc d'un problème de compréhension. Les avocats de la défense assurent avoir demandé une liberté pure et simple, sans condition, pour laquelle la loi ne précise rien de particulier. La défense assure qu'en théorie, rien n'empêche que les leaders anglophones soient remis en liberté.

Ecoutez les explications d'un avocat des accusés :

Nous avons saisi le tribunal sur une demande de mise en liberté simple mais malheureusement le tribunal se prononce lui sur le fondement de l'article 224 qui lui vise la mise en liberté sous caution. Le tribunal a dû un peu s'emmêler les pinceaux...
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08-06-2017 - Par Anne Cantener

Reste à savoir s'il s'agit d'une erreur de bonne foi. Les avocats des personnalités anglophones disent accorder le bénéfice du doute aux juges, mais estiment que si leur demande était contraire à la loi, le procureur l'aurait sans doute signifié lors de la dernière audience. Ce qui n'avait pas été le cas.