La Mauritanie rompt ses relations diplomatiques avec le Qatar

Mohamed Ould Abdel Aziz, le président mauritanien, lors d'une conférence de presse en mars 2015.
© AFP PHOTO / WATT ABELJELIL

Comme l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, l'Egypte et le Yémen, la Mauritanie a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec le Qatar. L'annonce a été faite par le ministre des Affaires étrangères au journal de 20h, mardi 6 juin.

La Mauritanie a justifié cette décision par la politique pro-terroriste du Qatar. Elle accuse le pays de propager des idées extrémistes et d'avoir sciemment semé l'anarchie dans de nombreux pays arabes. « Le Qatar a pris l'habitude de mettre en cause les principes sur lesquels est fondée l'action arabe commune », déplore le communiqué officiel.

Ces dernières semaines pourtant, rien ne laissait présager une telle rupture des relations. Les rencontres entre ministres des deux pays se sont multipliées avec notamment la signature d'un jumelage au mois de mars entre la Cour suprême mauritanienne et la Cour qatarie de cassation.

Mais c'est peut-être sur un plan économique que ces relations s'illustrent le mieux avec, par exemple, la construction d'un centre pour l'éducation des enfants sourds, d'une mosquée ou encore d'un grand complexe touristique, pour ne parler que des tout derniers projets qui ont été lancés grâce à des financements privés qataris.

Si officiellement ces relations sont bonnes, en réalité elles ont été émaillées d'incidents diplomatiques ces dernières années. Le Qatar a notamment été accusé par la Mauritanie de soutenir le Mujao, l'organisation terroriste qui a sévi à Gao, et d'appuyer les Frères musulmans via le parti Tawassoul, confie un observateur mauritanien.

La rupture des relations avec le Qatar a en tout cas surpris de nombreux Mauritaniens qui ont commenté la décision sur les réseaux sociaux. « La Mauritanie sera la seule perdante, contrairement à d'autres pays, elle n'a pas les moyens de rompre les relations avec le Qatar », peut-on lire sur internet. « Pourquoi sommes-nous obligés de suivre lorsque les monarchies du Golfe claquent des doigts... », s'insurge un autre internaute. Cette décision est jugée hâtive par certains, ou trop tardive par d'autres.

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