Cameroun: des changements au sein de la magistrature

Une rue du centre-ville de Bamenda, au Cameroun anglophone.
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Au Cameroun, le président Paul Biya vient de publier une série de décrets pour entériner les nominations et les mutations au sein de l'appareil judiciaire. Parmi ces décrets, figure une décision qui ne manque pas de surprendre, celle de la mise à la retraite de Paul Ayah Abine. Opposant, ancien candidat à la présidentielle, il est aussi avocat général auprès de la Cour suprême. Il est détenu depuis quatre mois et demi à Yaoundé. Cette mise à la retraite risque d'avoir des conséquences sur son avenir.

Paul Ayah a été arrêté fin janvier, au plus fort de la crise qui secoue toujours les deux régions, à majorité anglophone, à l'ouest du Cameroun. Quelques jours plus tôt, les leaders de la contestation y avaient été interpellés et internet coupé. Paul Ayah, originaire du Cameroun anglophone, avait pris des positions critiques vis-à-vis du gouvernement.

Cependant et, contrairement aux autres, Paul Ayah n'est pas jugé devant le tribunal militaire et est toujours retenu au secrétariat d'Etat à la Défense. Jusqu'à présent, il a refusé de se soumettre aux interrogatoires, en mettant en avant sa position de haut magistrat et répétant que la procédure n'avait pas été respectée.

Son statut lui accordait une sorte de protection. Il vient de la perdre puisque le président Biya a entériné, par décret, son départ à la retraite. Officiellement, Paul Ayah a atteint l'âge limite mais la règle n'est pas toujours appliquée aussi strictement. Certains magistrats restent parfois en poste au-delà de l'âge maximum.

Plusieurs sources pensent, en réalité, que cette décision va accélérer l'enquête concernant Paul Ayah, pour terrorisme, apologie du terrorisme et rébellion.