RCA: «instabilité généralisée» et risque «d’embrasement», s’inquiète l’ONU

Militaire camerounais déployé à Bangui, en RCA, dans le cadre d’une mission onusienne de maintien de la paix.
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Dans un rapport d'activité sur l'Afrique centrale, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, s'inquiète de «—l'instabilité généralisée—» en République centrafricaine (RCA) où plusieurs groupes armés se font la guerre dans le sud-est et le centre du pays, depuis plus de six mois. Il réitère ses appels à un règlement pacifique de la crise et à une mobilisation des fonds nécessaires à l'assistance humanitaire en RCA. Une situation qui se dégrade à grande vitesse constate, de son côté, le bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA).

Près d'un tiers (31%) des incidents de sécurité rencontrés par les agents humanitaires dans le monde, en 2016, ont eu lieu en Centrafrique.

« Ce pays reste l'un des plus dangereux pour les travailleurs humanitaires », explique Antonio Guterres qui rappelle également que les casques bleus ont aussi payé le prix fort. Six d'entre eux ont été tués, en mai.

De son côté, dans son bulletin de ce même mois de mai, OCHA indique que le nombre de déplacés internes, en RCA, a dépassé les 500 000, pour la première fois, depuis août 2014. La ville de Bria, par exemple, s'est vidée de ses habitants en quarte jours, à la même période. L’organisation onusienne parle aussi d'une « tendance à l'embrasement » et constate que les « les affrontements  prennent de plus en plus une connotation religieuse et ethnique ». Par ailleurs, plus de 400 000 Centrafricains sont toujours réfugiés dans les pays voisins.

Alors que la situation s'aggrave, Antonio Guterres rappelle la nécessité de réunir les 400 millions de dollars nécessaires à la réponse humanitaire, cette année. L'an dernier, à peine 36% de la somme demandée avait pu être financée « laissant près de la moitié de la population centrafricaine sans assistance humanitaire », déplore le Secrétaire général de l’ONU. Antonio Guterres affirme que l'ONU continuera à « appuyer les actions nationales en faveur d'un règlement pacifique de la crise » et à « mobiliser les soutiens financiers » au programme d'aide humanitaire.

L’Armée de résistance du Seigneur (LRA) constitue un autre motif de préoccupation du secrétaire général. La rébellion ougandaise pourrait profiter de « l'appel d'air » causé par le retrait des forces ougandaises et américaines, stationnées dans la zone sud-est de la Centrafrique, qui étaient venues pour traquer, sans succès, Joseph Kony, chef de la LRA.