Madagascar: le garde des Sceaux tend la main, les magistrats veulent des actes

Le syndicat des magistrats de Madagascar a organisé des sit-in devant les 42 tribunaux du pays pour demander au chef de l'Etat malgache de garantir l'indépendance de la justice.
© RFI/Laëtitia Bezain

A Madagascar, le ministère de la Justice sort de son silence après une grève générale des magistrats jeudi 8 et vendredi 9 juin. Les 42 juridictions que compte la Grande Ile étaient fermées. Une grève pour dénoncer les atteintes à l'indépendance de la justice. Le ministre de la Justice malgache s'est dit prêt à dialoguer avec les magistrats. Une proposition refusée par ces derniers pour le moment.

« Des actes avant tout. » C'est la réponse du syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) à la main tendue du ministre de la Justice, Charles Andriamiseza. Très discret depuis le début de la grogne des magistrats il y a deux mois, le ministre de tutelle tente de jouer la carte de l'apaisement. « Il n'y a pas de conflit interne, ni de guerre intestine au sein de la justice. Il s'agit simplement d'une différence de point de vue. Je suis prêt à dialoguer », indique t-il

Une déclaration qui est loin de satisfaire les magistrats, pour qui le ministre ne mesure pas la gravité de la situation. « L'Etat de droit et l'indépendance de la justice sont en danger », déclare le vice-président du syndicat des magistrats de Madagascar, Hubert Tiaray Fanahimanana.

Le mouvement va-t-il se durcir ?

Avant d'entamer toutes discussions avec le ministère de la Justice, le SMM réclame, entre autres, la mise en détention provisoire de Claudine Razaimamonjy. La conseillère spéciale du président de la République, poursuivie pour détournement de fonds, est hospitalisée depuis l'annonce de sa mise sous mandat de dépôt.

Les magistrats reprendront le chemin des tribunaux lundi mais ils n'excluent pas de durcir leur mouvement et d'entamer une nouvelle grève si les autorités restent sourdes à leurs revendications.