Erythrée: l’ONU dénonce encore de nombreuses violations des droits de l'homme

Sheila Keetharuth dénonce à nouveau de nombreuses violations des droits de l'homme en Erythrée, alors qu'Asmara refuse toujours de répondre aux injonctions de la communauté internationale.
© Wikimedia Commons

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU est réuni en session ordinaire à Genève jusqu'au 23 juin. A cette occasion, la rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme en Érythrée rendra un nouveau rapport jeudi 15 juin. RFI a pu obtenir le document en exclusivité. En poste depuis 5 ans, Sheila Keetharuth dénonce à nouveau de nombreuses violations des droits de l'homme dans le pays, alors qu'Asmara refuse toujours de répondre aux injonctions de la communauté internationale.

Aucun effort pour trouver des solutions, aucune volonté de mettre fin à l'impunité. Asmara refuse toujours de coopérer, selon Sheila Keetharuth. Son rapport est sans surprise avec ses multiples cas d'arrestations, détentions arbitraires, tortures, non-respect des libertés.

Par exemple, depuis octobre 2016, les usagers de cyber-cafés devraient se faire enregistrer et les sites consultés seraient recensés. La rapporteuse confirme la mort en prison de Tsehaye Tesfamarian, un témoin de Jehova arrêté il y a 8 ans. Elle s'inquiète pour la santé de l'ancien ambassadeur au Nigeria, Mohamed Ali Omaro, détenu au secret depuis trois ans.

Aucune personnalité étrangère n'est autorisée à visiter les terribles centres de détention érythréens. Sheila Keetharuth n'a elle-même toujours pas pu se rendre dans le pays.

Pourtant, des délégations étrangères entrent en Erythrée pour mettre à jour leurs informations sur les demandeurs d'asile. Car l'hémorragie continue. Plus de 21 000 réfugiés érythréens ont traversé la Méditerranée en 2016. La Mauricienne s'inquiète d'ailleurs que certains pays européens se concentrent d'abord sur la protection de leurs frontières.

Dans de rares cas, un point positif sort du rapport. La solde des conscrits aurait augmenté. Mais elle rappelle ensuite que le service militaire s'apparente à de l'esclavage. Sheila Keetharuth se dit enfin convaincue qu'Asmara veut améliorer ses relations diplomatiques. Mais cela reste à voir, ajoute-t-elle. Constat d'impuissance, dans ses conclusions elle répète ses recommandations habituelles.

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