Madagascar: Claudine Razaimamonjy transférée en prison

Vue d'Antananarivo, le 4 mai 2016.
© Jabin Botsford/The Washington Post via Getty Images

A Madagascar, une affaire qui a fait couler beaucoup d'encre vient de prendre fin. Après un séjour à l'hôpital, Claudine Razaimamonjy, conseillère spéciale du président de la République, a été transférée à la prison centrale d’Antanimora, à Antananarivo, le 12 juin au soir. La puissante femme d'affaires est poursuivie entre autres pour détournement de fonds.

Lundi 12 juin, à 19 heures, Claudine Razaimamonjy a quitté l'hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (H.J.R.A.) d'Antananarivo, la capitale malgache, sous escorte policière. Direction la prison centrale d'Antanimora. La commission médicale de l'établissement a tranché : son état de santé ne nécessite plus une hospitalisation.

Une bataille de gagnée pour Faraniaina Ramarosaona, coordinatrice des actions de lutte contre la corruption au sein du mouvement de la société civile Rohy (« Rindran'ny olompirenena Hiarovana ny Iaraha-manana », « Organisation des citoyens pour la défense des intérêts/biens communs » en français).

« L’exécutif voulait gagner du temps en ayant mis Claudine Razaimamonjy à l’hôpital pendant 45 jours, déclare-t-elle. Peut-être pensait-il que nous allions oublier. Je pense aussi que notre voix a été entendue avec les autres acteurs qui sont entrés de plain-pied dans cette affaire. Nous sommes satisfaits de ce qui se passe mais c’est un cas emblématique que nous allons suivre jusqu’au bout ».

Etape vers le procès

Parmi les acteurs très impliqués dans cetter affaire, on compte notamment le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM). Ce dernier dénonçait notamment les immixtions des autorités malgaches. Le ministre de la Justice avait en effet évoqué une « détention arbitraire » au moment de l'arrestation de cette proche du pouvoir par le bureau anti-corruption.

« Le transfert en prison n’est qu’une étape vers le procès, estime Hubert Tiaray Fanahimanana, vice-président du SMM. Les étapes qui vont suivre seront surveillées par le syndicat des magistrats puisqu’on voit bien que cette dame jouit de certains avantages de la part des autorités. Il existe encore quatre dossiers la concernant ».

Dans ces dossiers, la femme d'affaires, membre fondatrice du « Hery vaovao ho an'i Madagasikara » (Force nouvelle pour Madagascar, HVM), le parti au pouvoir, est poursuivie notamment pour favoritisme dans l'attribution de marchés publics, détournement de fonds publics et abus de fonction.

Placée sous mandat de dépôt le 7 avril 2017, Claudine Razaimamonjy était depuis hospitalisée. Son hospitalisation avait été ponctuée d'un passage dans une clinique privée de l'île Maurice alors qu'elle était sous le coup de deux interdictions de sortie du territoire.