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Afrique du Sud

Afrique du Sud : le nouveau code minier provoque la chute des cours à la Bourse

Le ministre des Ressources minières Mosebenzi Zwane, à Emalahleni, visite le groupe sidérurgique Highveld Steel, dans la province de Mpumalanga, le 6 juin 2017.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

Le gouvernement sud-africain a dévoilé ce jeudi 15 juin un tout nouveau code minier attendu depuis des années. Celui-ci oblige désormais les entreprises du secteur à augmenter la part de leur actionnariat noir. A la Bourse de Johannesburg, la nouvelle a aussitôt provoqué la chute des cours.

Pour le gouvernement, il s’agit avec ce nouveau code de redresser les injustices du passé. L’industrie est largement contrôlée par des actionnaires blancs, donc plusieurs nouvelles conditions vont être imposées.

Par exemple : à partir de maintenant, 30% des actionnaires d’une société minière devront être noirs, contre 26% jusqu’à présent. Ou alors, pour obtenir une nouvelle licence de prospection, 50% des actionnaires de la société devront être des Sud-Africains noirs. Autre nouveauté : 8% des actions doivent être détenu par les travailleurs et 1% des profits devront être reversés à la communauté où se trouve la mine.

Désormais, les sociétés minières ont un an pour se conformer à ce nouveau texte. C’est un code qui répond à un souhait exprimé depuis plusieurs mois par le chef de l’Etat, Jacob Zuma, d’une transformation radicale de l’économie.

Plongée du rand

Mais ce nouveau code suscité un tollé. Sa présentation a provoqué une réaction immédiate des marchés financiers. Le rand sud-africain a perdu 2% de sa valeur face au dollar, tandis que la plupart des compagnies minières plongeaient dans le rouge.

La chambre des mines, qui représente 90% des entreprises du secteur, s’est plainte de ne pas avoir été consultée et a indiqué qu’elle allait saisir la justice pour bloquer son application. La chambre des mines ne se dit pas opposée à une transformation de l’économie, c’est même nécessaire, selon elle, mais il faut que ce soit fait de façon réaliste.

Et la chambre de mettre en avant un exemple : pour prospecter aujourd’hui, il faut beaucoup d’argent. C’est un pari sur un terrain où il pourrait y avoir de l’or ou du platine, mais impossible d’en savoir avant la quantité et si l’exploitation est rentable.

Vers un ralentissement du secteur ?

Avec ce nouveau code, pour obtenir une simple licence de prospection, il faut que la société soit détenue à plus de 50% par des actionnaires noirs. Et selon la chambre des mines, c’est un obstacle, il ne va pas y avoir suffisamment d’actionnaires noirs et donc que la prospection va se ralentir et le secteur ne va pas se développer.

Autre problème, certains analystes miniers s’inquiètent que ce code ne va pas profiter à la population noire, mais à un cercle restreint d’homme d’affaires proches du pouvoir. Ils se questionnent également sur le timing alors que cela fait huit ans que le chef de l’Etat est au pouvoir. Ils posent la question : est-ce qu’il ne s’agit pas d’une annonce populiste à deux ans des prochaines élections ?

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