Tanzanie: un journal suspendu deux ans pour une enquête sur le secteur minier

Dans son enquête, le journal Mawio met notamment en cause l'ex-président Benjamin Mkapa, dans un dossier de fraude minière.
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Les autorités tanzaniennes ont suspendu ce vendredi un journal pour deux ans. Elles lui reprochent d'avoir relayé des accusations d'un député contre deux anciens présidents dans une affaire de contrats miniers.

En cause, l'édition du jeudi 15 juin de l'hebdomadaire Mawio. A sa Une, quatre hommes impliqués, selon le journal, dans un dossier de fraudes dans le secteur minier tanzanien : deux anciens Premiers ministres et surtout, deux anciens présidents de Tanzanie, Benjamin Mkapa et Jakaya Kikwete.

Ce sont les accusations contre ces deux hommes, relayées en page 12, qui ont valu au journal sa suspension. En effet, l'hebdomadaire retranscrit le discours de Tundu Lissu, un député de l'opposition, selon lequel les deux anciens chefs d'Etats sont les principaux responsables de 75 milliards d'euros de manque à gagner pour l'Etat. Des pertes dues aux fraudes de sociétés minières étrangères et de contrats d'exploitation du sous-sol désavantageux pour la Tanzanie.

Le parlementaire demande que ces deux membres du parti du président John Magufuli, le CCM, soient entendus dans le cadre de l'enquête ouverte sur la question.

Mercredi, le chef de l'Etat avait menacé la presse de sanctions sévères si elle s'en prenait à ses deux prédécesseurs.

La décision a été vivement critiquée par plusieurs députés de l'opposition comme Said Kubenea qui est également directeur exécutif de Mawio, et un autre, Kabwe Zitto, pour qui cette suspension est tout simplement une atteinte à la liberté d'expression.