Madagascar: un appel lancé pour enrayer le climat d'insécurité

La société civile malgache s'interroge notamment sur l'efficacité des forces de l'ordre.
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A Madagascar, la société civile lance un appel au chef de l'Etat et au gouvernement pour faire cesser le climat d'insécurité qui règne dans le pays ces dernières semaines. Dans un communiqué publié vendredi 16 juin, le Comité national pour l'observation des élections (KMF/CNOE) dénonce les séries de kidnappings, les attaques de dahalos, assassinats et braquages qui minent le quotidien des Malgaches. Une question qui a été un sujet récurrent ces derniers jours à l'Assemblée nationale. Plusieurs députés ont interpellé le gouvernement. L'exécutif concède que c'est «un problème grave».

« L’insécurité prend de l'ampleur à Madagascar. On se croirait dans un pays où l’Etat ne joue qu'un rôle symbolique ». C'est la critique sans détour du Comité national pour l'observation des élections (KMF/CNOE) à l'encontre des autorités malgaches. Série d'enlèvements à Antananarivo, braquages qui tournent en assassinat, attaques de dahalos, les voleurs de zébus, en milieu rural…

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les Malgaches qui déplorent l'impuissance des autorités face à ces actes.

Dans son communiqué, le CNOE s'interroge d'ailleurs sur l'efficacité des forces de l'ordre, notamment à la suite de deux rapts qui se sont déroulés sous les yeux des policiers sans que ceux-ci ne puissent intervenir. A Sabotsy Namehana, dans le nord de la capitale, un braquage à proximité du commissariat de police a fait un mort.

« Une insécurité grandissante qui mine la vie de la nation », reconnaît le Premier ministre dans un communiqué.

Le sujet a d'ailleurs été abordé à l'Assemblée nationale et en Conseil du gouvernement la semaine dernière. Conseil pendant lequel Olivier Mahafaly a demandé aux ministères concernés « de mener des opérations spécifiques pour mettre un cran d'arrêt à cette spirale de l’insécurité ». Alors que le CNOE réclame la prise de mesures concrètes, le ministère de la Sécurité publique reste vague. Il indique qu'un « plan est en train d'être élaboré ».