Madagascar: la destruction alarmante de sa biodiversité inquiète les chercheurs

Le trafic de bois précieux est un désastre écologique qui contribue à la déforestion de Madagascar.
© Getty Images/Martin Harvey

A Madagascar, la protection de la biodiversité et le développement durable sont au cœur de la recherche scientifique. La cinquième édition du forum dédié à la recherche en la matière s'est clôturée, vendredi 16 juin, à l'Académie malgache, à Antananarivo. Plus de deux cents chercheurs malgaches et étrangers y ont participé dans ce pays où 50000 hectares de forêts disparaissent tous les ans.

Pendant trois jours, 250 chercheurs malgaches venus de toute l'île mais aussi des scientifiques étrangers ont échangé autour d’une question cruciale. Comment sauvegarder la biodiversité tout en favorisant le développement du pays ?

Connue pour ses nombreuses espèces endémiques végétales et animales, Madagascar fait face à une destruction de sa biodiversité alarmante. Culture sur brûlis, coupe abusive des arbres, charbonnage... 50 000 hectares de forêts par an disparaissent ainsi sur la Grande Ile. Or, il y a 60 ans, les forêts primaires couvraient près de 30% de la Grande Ile. Aujourd'hui, seuls 12% ont survécu aux activités humaines. Une réalité alarmante qui inquiète les chercheurs.

« Même si Madagascar est riche en biodiversité, cette biodiversité commence vraiment à se dégrader, à se perdre. C’est là, un des rôles fondamentaux des chercheurs : montrer où est le danger pour que les décisions soient prises. Mais, nous savons aussi que beaucoup de personnes dépendent de ces forêts et donc, le rôle de la recherche c’est d’essayer de trouver comment concilier les différents types de gestion », souligne Claudine Ramiarison, directrice générale de la Recherche scientifique au ministère malgache de l'Enseignement supérieur.

Mieux faire connaître la biodiversité pour inciter la population à la protéger. Irina Ratsizafy, doctorante au Centre national de Recherches sur l'environnement, plaide pour une plus grande ouverture du monde scientifique.

« En fait, on ne peut pas juste dire à la population, arrêtez de couper, arrêtez de brûler, arrêtez de… Ils ne comprennent pas. Ils ne savent pas. Ce sont ceux qui savent, c’est à dire les scientifiques,... - qui savent que c’est important et que c’est nécessaire - de travailler dessus et d'informer ensuite la population », souligne-t-elle.

Un rôle des chercheurs toutefois limité par le faible budget alloué à la Recherche scientifique. La Grande Ile ne consacre que 0,04% de son produit intérieur brut à ce secteur.