Burkina: la suspension du procès du gouvernement Compaoré bien accueillie

Le palais de justice de Ouagadougou lors du procès du dernier gouvernement de Blaise Compaoré.
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La Haute cour de justice du Burkina Faso, qui juge 34 ministres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré pour leur implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire d’octobre 2014, a décidé vendredi 16 juin de «surseoir à statuer» en attendant la correction de ses textes. Une décision qui ne surprend pas à Ouagadougou.

Les organisations de la société civile saluent cette décision du procureur de sursoir au procès des ex-membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré. « Les gens se sont rendu compte, explique Hervé Ouattara du mouvement citoyen africain pour la renaissance, que cette Haute cour de justice dans son état actuel ne pouvait pas dire le droit dans cette affaire. Nous voulons que les textes soient révisés afin de tenir un vrai procès et éviter une parodie de justice. »

Au niveau du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), cette suspension est accueillie sans surprise. « Nous espérons et nous disons que de la diligence des autorités à procéder à ce toilettage nous pourrons apprécier véritablement leur engagement pour la vérité et la justice pour les martyrs de l’insurrection, explique Ali Sanou, le secrétaire général du MBDHP. Tout en précisant que pour notre mouvement le procès actuel n’épuise pas la question de la vérité et de la justice pour les martyrs de l’insurrection. »

Quant aux avocats de la défense, ils disent prendre acte de la décision du procureur près la haute cour de justice. « Nous attendons que nos clients soient à nouveau convoqués par de nouvelles citations. On laisse le soin à l'exécutif ou au législatif de faire diligence afin que la loi soit toilettée pour une reprise sereine du procès », souligne Maître Odilon Gouba.