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Gambie ONU

Gambie: une délégation onusienne pour travailler sur les disparitions forcées

Une délégation onusienne est arrivée à Banjul pour rencontrer le nouveau gouvernement gambien et travailler autour de la question des disparitions forcées sous le régime de Yahya Jammeh.
© RFI / Claire Bargelès

Une délégation d'experts des Nations unies vient de passer une semaine en Gambie, après avoir été sollicitée puis invitée par le gouvernement, pour travailler autour des disparitions forcées ou involontaires. Les cinq experts onusiens, venus de différentes régions du monde, ont rencontré le président Adama Barrow, des membres de son gouvernement, des élus, des familles de victimes, et des ONG. Créé en 1980 par la commission des droits de l'homme de l'ONU, le groupe de travail a pour but d'aider les familles de victimes à élucider les disparitions de leurs proches, et sert de canal de communication avec les gouvernements. Leur rapport préliminaire se réjouit de la bonne volonté du nouveau gouvernement gambien, mais la route est encore longue.

La délégation onusienne reconnaît que la Gambie montre des « signes encourageants ». Depuis le départ de Yahya Jammeh, quatre corps ont exhumés, dans deux lieux différents. Le groupe de travail a jusqu'à présent reçu 12 plaintes de la part de familles. Mais selon sa présidente Houria Es-Slami, ce nombre pourrait vite grossir.

« Nous savons que les plaintes que nous recevons ne sont jamais illustratives de la réalité de la pratique de la disparition forcée dans le pays, explique-t-elle. Nous avons reçu beaucoup de familles de victimes qui commencent juste à s'organiser en associations. Je prévois que le nombre va augmenter au fur et à mesure des investigations ».

Mais les moyens dont est dotée la police gambienne restent très limités. « Ils ont besoin d'autres formations, d'être assistés par d'autres experts de l'étranger. Mais ils ont aussi besoin d'équipements et de laboratoires pour les analyses ADN », détaille Houria Es-Slami.

Autre recommandation, selon l'expert Henrikas Mickevicius, il faudrait réécrire les lois pénales du pays. « La législation devrait être modifiée pour y inclure les crimes de disparitions forcées. Parce que pour l'instant cela n'existe pas dans la loi, affirme-t-il. Donc les personnes qui ont commis des disparitions forcées sont jugées pour meurtre, séquestration. Cela laisse un risque d'impunité ».

Le groupe de travail espère également que les familles de victimes soient davantage écoutées et impliquées, notamment dans la mise en place d'une possible commission vérité et réconciliation.

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