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RCA: des combats à Bria, au lendemain de l'accord de paix

Entrée de Bria, RCA, le 11 mars 2015.
© RFI/Pierre Pinto

De nouveaux combats ont été signalés ce mardi matin à Bria, parfois à l'arme lourde. Ils surviennent au lendemain de la signature par les groupes armés centrafricains, à Rome, sous les auspices de la communauté Sant'Egidio, d'un accord de paix qui prévoit notamment un cessez-le-feu, alors que depuis la fin 2016, l'est du pays est à feu et à sang.

Ce matin à l'aube, un important groupe non identifié a attaqué Bria en plusieurs entrées de la ville. Il s'est heurté immédiatement aux combattants du FPRC, ce mouvement issu de l'ex-Seleka. Les combats ont duré plusieurs heures, parfois à l'arme lourde, autour de l'aérodrome, dans le centre-ville et non loin du site de déplacés de PK3. De source humanitaire, des maisons ont été incendiées. Les locaux de plusieurs ONG auraient été pillés.

Les combattants du FPRC ont repoussé les assaillants. Selon des témoins, les casques bleus patrouillaient en ville à la mi-journée et un hélicoptère survolait la zone. Aucun bilan n'était disponible pour le moment. « Il y a des morts », nous a toutefois indiqué Abdoulaye Issène, l'un des leaders du FPRC qui se trouve à Bria, mais qui n'était pas en mesure de dire combien. Une source médicale évoquait par ailleurs plus d'une trentaine de blessés par balles, au bas mot.

« On ne sait pas qui ils sont, mais ils veulent apparemment chasser tous les musulmans de Bria, comme ils ont fait à Bangassou », a poursuivi Abdoulaye Hissène.

Que dit l'accord de Rome ?

Faut-il considérer que l'accord de paix signé à Rome hier est déjà caduc ? A priori non, puisque les combats n'ont pas formellement opposé deux groupes signataires. Comme dans chacune des attaques qui ont visé des villes de l'est depuis le mois de mai, les assaillants ne sont pas clairement identifiés. On parle d'anti-balaka mais les deux chaînes de commandement démentent toute implication. On les désigne donc comme un groupe d'autodéfense. Une chose est sûre pourtant : ils sont bien armés et ont des connaissances tactiques.

Autre force négative, non invitée à Rome : les groupes de transhumants, souvent peuls, mais qui n'appartiennent pas à l'UPC, la faction peul de l'ex-Seleka. Ces éleveurs très bien armés sont souvent accusés de défendre leurs troupeaux de manière très violente, voire parfois de commettre des exactions contre des civils. Un problème-clé de la crise centrafricaine, expédié par l'accord de Rome en 5 mots : « sécurisation des couloirs de transhumance », sans plus de précision.

Autre motif de méfiance, l'absence - officiellement pour raisons logistiques - du groupe 3R qui sévit dans le nord-ouest, et qui du coup n'est tenu par aucun des engagements pris à Rome, si tant est que les signataires eux, respectent ces mêmes engagements.

L'accord signé lundi prévoit en premier lieu un cessez-le-feu immédiat sur l'ensemble du territoire entre les groupes armés et la levée des barrières illégales. Et puis pêle-mêle, il mentionne la transformation des groupes armés en partis politiques, la mise en place d'une Commission vérité, justice et réconciliation, la prise en charge alimentaire et sanitaire des combattants et de leurs familles pendant la durée du processus DDR.

Dans ce document, il n'est pas question d'amnistie, mais il y a un point qui a sûrement permis aux groupes les plus durs de ratifier le texte : des consultations en vue de lever les sanctions de l'ONU. Des sanctions qui visent notamment Abdoulaye Hissène justement, Nourredine Adam, l'autre leader du FPRC, ou l'ex-président François Bozizé notamment...

Abdoulaye Hissène n'a pas souhaité commenter plus avant cet accord, affirmant qu'il ne l'avait pas encore eu entre les mains. Mais de bonne source, obtenir la signature des délégués FPRC à Rome n'a pas été chose aisée. Pour rappel en 2015, le FPRC avait signé un accord à Bangui avant de se rétracter juste après. On va voir si leur position tient ou non cette fois-ci.


A Alindao et Bangassou, autres villes martyres du mois de mai, des tirs sporadiques se sont aussi fait entendre ce mardi matin. Des incidents qui témoignent d'une situation toujous extrêmement volatiles dans ces localités.  Il y a un mois, les violences a Bria avait poussé 9 habitants sur 10 à fuir leur maisons pour s'entasser sur des sites de déplacés.

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